Au Tchad, Idriss Déby contient la rebellion

©2006 20 minutes

— 

« Les colonnes de rebelles ont été entièrement détruites (...) la situation est entièrement sous contrôle. » Le président tchadien Idriss Déby, qui s'exprimait hier matin sur Radio France Internationale depuis N'Djamena, a éloigné au moins temporairement la menace qui pesait sur son régime. Arrivé au pouvoir par la force en 1990 puis élu en 1996 et 2001, Déby est menacé depuis plusieurs mois par des groupes rebelles, derrière lesquels il voit la main du Soudan voisin. A midi, l'un de ses ministres a convoqué la presse à l'Assemblée nationale pour proclamer la victoire. Une dizaine de rebelles, morts ou blessés, gisaient sur les marches du bâtiment. Une fois le calme revenu dans la capitale, le président a annoncé vouloir poursuivre sa campagne pour la présidentielle du 3 mai, boycottée par l'opposition.

Rien ne laissait présager cette issue quelques heures plus tôt. Des rebelles avaient réussi à s'infiltrer dans la capitale. Dans certains quartiers, des tirs sporadiques à l'arme lourde et à l'arme légère ont éclaté. La France, qui soutient le régime de Déby, « légitimement élu », surveillait de près cette situation « très préoccupante et évolutive ». Le président Chirac a conseillé à Idriss Déby de saisir le Conseil de sécurité de l'ONU pour « rappeler le refus des coups de force », selon son entourage. Paris redoute qu'un coup d'Etat au Tchad ne génère une instabilité accrue en Afrique. Mais la France doit faire face à des accusations d'ingérence dans son ancienne colonie. Le représentant en France du groupe rebelle FUC, Laona Gong, a accusé l'aviation française d'avoir bombardé les villes d'Adré et de Moudeïna (près de la frontière avec le Soudan), faisant des victimes civiles. Le ministère français de la Défense a démenti. Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA) devait se réunir « d'urgence » hier après-midi à son siège d'Addis Abeba.

Faustine Vincent