Syrie: Assad nomme une commission en vue d'une nouvelle constitution

Reuters

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Le président syrien Bachar el-Assad, confronté à un soulèvement populaire depuis sept mois, a nommé ce samedi une commission chargée d'élaborer une nouvelle constitution dans les quatre mois, rapporte l'agence de presse officielle Sana. Sous la pression des manifestants qui réclament depuis mi-mars la fin du régime de la famille Assad au pouvoir depuis 41 ans, le président syrien a déjà levé l'état d'urgence et promis des élections législatives «multipartites» d'ici à février.

Parallèlement à ces promesses, il a déployé ses chars et ses troupes dans l'ensemble du pays pour réprimer brutalement les manifestations quasi quotidiennes, jetant des doutes sur sa volonté réelle de changement, estiment les militants pro-démocratie. Selon les Nations unies, plus de 3.000 personnes, dont au moins 187 enfants, ont été tuées depuis le début de la contestation. L'Onu met en garde contre le risque d'une guerre civile.

L'opposition donne de la voix

«Le président Assad a publié aujourd'hui le décret n°33 stipulant la formation d'une commission pour préparer l'élaboration d'une constitution», rapporte Sana. La constitution, modifiée dans les années 1970 sous le régime du père de Bachar el-Assad, Hafez, décourage tout pluralisme politique en octroyant au parti Baas au pouvoir depuis 1963 le statut de «dirigeant de l'Etat et de la société».

L'opposition syrienne réclame l'abrogation de cette clause, de celle prévoyant la nomination du président par le Baas, et de nombreuses autres lois adoptées ces cinquante dernières années qui permettent selon elle au chef de l'Etat et à son appareil sécuritaire de pratiquer la répression et la corruption en toute impunité.

Les lois publiées par Assad ces trois derniers mois autorisent «les partis engagés dans des principes démocratiques» et met en place une commission électorale, tout en maintenant le système de quotas qui réserve la majorité des sièges aux agriculteurs et aux salariés dont les représentants font partie des syndicats officiels. L'actuel parlement ne compte aucune figure de l'opposition