Albanie: Mort de Ramiz Alia, dernier dirigeant communiste de ce pays

Reuters

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Ramiz Alia, successeur désigné du dictateur albanais Enver Hodja et artisan de la transition entre le régime stalinien et la démocratie pluraliste, est mort vendredi à l'âge de 85 ans.

Des médecins ont indiqué à la télévision albanaise qu'il avait succombé à une embolie pulmonaire.

Après la Seconde Guerre mondiale, Ramiz Alia gravit les échelons de la hiérarchie communiste sous la conduite d'Enver Hodja dans une Albanie isolationniste qui deviendra officiellement athée puis ennemie de l'Est comme de l'Ouest.

Après la mort d'Hodja en 1985, Ramiz Alia opère des réformes limitées alors que la Guerre froide s'approche de son terme, mais des Albanais sont toujours abattus s'ils tentent de franchir les barbelés aux frontièress de leur pays.

Condamnation par la justice

En juillet 1990, une médiation entreprise par l'Onu auprès d'Alia permet le départ de milliers d'Albanais qui prennent d'assaut les ambassades étrangères à Tirana en demandant à pouvoir fuir la misère et la faim.

Tandis que les régimes communistes s'effondrent en Europe de l'Est, Ramiz Alia ouvre un dialogue avec des intellectuels albanais sur les réformes. Le pays finit par adopter en décembre 1990 un système multipartite et par autoriser les musulmans et les chrétiens à pratiquer de nouveau leurs cultes.

Le parti d'Alia remporte les premières élections pluralistes en 1991, mais il doit quant à lui quitter la présidence en avril 1992, après l'arrivée au pouvoir du Parti démocratique porté par un raz de marée électoral. Ramiz Alia sera arrêté en 1994 et jugé coupable d'abus de pouvoir avant d'être libéré en appel.