Biélorussie: Le président prêt à libérer ses opposants

Reuters

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Le président biélorusse Alexandre Loukachenko s'est dit prêt vendredi à ordonner la remise en liberté des opposants arrêtés après sa réélection, à condition qu'ils demandent une grâce.

Le chef de l'Etat, au pouvoir depuis 1994, a obtenu un quatrième mandat en décembre après un scrutin que l'opposition et les observateurs étrangers ont jugé frauduleux. Plusieurs centaines de personnes ont été arrêtées le lendemain au cours d'une manifestation organisée à Minsk pour en dénoncer le résultat.

La plupart ont été remises en liberté après avoir été condamnées puis graciées, mais trois restent derrière les barreaux. Parmi elles figurent Andreï Sannikov et Nikolaï Stalkevitch, deux candidats à la présidentielle de décembre, qui ont jusqu'ici refusé de demander une grâce.

Popularité au plus bas

L'Union européenne a fait savoir le mois dernier à la Biélorussie qu'elle pourrait compter sur son aide financière, à condition que tous les opposants soient libérés et des élections libres organisées. Minsk a rejeté l'offre, parlant de discrimination. «S'ils veulent rester en prison, qu'ils y restent. S'ils veulent être remis en liberté, nous allons examiner leur demande (de grâce). Nous n'avons pas besoin qu'ils restent» en prison, a déclaré le président.

Oleg Manaïev, responsable d'un institut de sondage
, a par ailleurs été brièvement arrêté jeudi après avoir indiqué que la cote de popularité du chef de l'Etat était tombée au niveau sans précédent de 20,5%. «Manaïev est un laquais de l'Occident. L'Occident veut démontrer que moins de la moitié de la population me soutient», a commenté Alexandre Loukachenko.