Italie: Nouvelle polémique et nouveaux appels au départ de Berlusconi

Reuters

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Le président du Conseil italien Silvio Berlusconi a une fois de plus rejeté les appels à sa démission lancés vendredi au lendemain d'une nouvelle polémique suscitée par des propos de sa part jugés déplacés.

Déjà mis en cause dans trois affaires de corruption et une de moeurs, malmené dans ses propres rangs pour sa gestion de la crise de la dette,Silvio Berlusconi a riposté en dénonçant le besoin «obsessionnel» de l'opposition à chercher sa destitution.

«C'est une demande que je juge absurde, qui ne ferait que favoriser l'instabilité et ouvrirait une nouvelle voie à la spéculation financière», dit-il dans un message vidéo adressé aux partisans de sa formation, le Peuple de la liberté (PDL).

«Nous sommes suffisamment nombreux pour arriver au terme de notre mandat, comme le permet la Constitution. Nous allons continuer à avancer et nous achèverons notre programme de réformes», poursuit-il, assurant qu'il continuera à exercer ses fonctions même au prix d'un «sacrifice personnel».

Le chef du gouvernement italien s'est attiré les foudres de la presse et de l'opposition en suggérant jeudi, dans une conversation avec des parlementaires de son camp, l'emploi d'un terme d'argot désignant à la fois les jolies filles et le sexe féminin pour rebaptiser le PDL en «Forza Gnocca».

«Ses plaisanteries misogynes sont offensantes pour les femmes, qui sont de plus en plus rarement considérées comme des personnes et de plus en plus comme des biens cédés au plus offrant», s'est indigné le sénateur Giuliano Carlino, membre du Parti des valeurs, qui siège dans l'opposition.

Purifier l'atmosphère

L'aggravation de la crise économique et les dissensions de la majorité alimentent de plus en plus les spéculations sur la survie du gouvernement, dont le mandat court jusqu'en 2013.

L'agence Moody's a dégradé cette semaine la note souveraine de l'Italie, illustrant les craintes des marchés financiers face à l'état des comptes publics et à la faiblesse chronique de la croissance.

Un plan d'austérité qui prévoit 60 milliards d'euros d'économies pour ramener le budget à l'équilibre en 2013 a été adopté le mois dernier, au terme de plusieurs semaines de discussions.

Si la majorité a jusqu'ici fait corps lors des multiples votes de confiance qui ont eu lieu à la Chambre des députés, un vent de révolte pourrait se mettre à souffler dans les rangs du PDL, selon la presse.

Outre l'opposition, le patronat et le chef de l'épiscopat s'en sont pris à Silvio Berlusconi. Fin septembre, le cardinal Angelo Bagnasco, président de la conférence des évêques, a ainsi jugé nécessaire de «purifier l'atmosphère», souillée selon lui par les scandales sexuels et les affaires de corruption.