Afghanistan: Karzaï reconnaît son échec en matière de sécurité

Reuters

— 

Interrogé par la BBC à l'occasion du dixième anniversaire de l'intervention américaine en Afghanistan, le président afghan Hamid Karzaï a reconnu que son gouvernement et ses alliés étrangers n'avaient pas réussi à assurer la sécurité du pays.

«C'est le plus grand échec de notre gouvernement, et de nos partenaires internationaux», a déclaré Hamid Karzaï dans cette interview diffusée ce vendredi.

Les victimes civiles au cours des six premiers mois de l'année n'ont jamais été aussi nombreuses depuis la chute des taliban en novembre 2001 et les «incidents de sécurité» pendant les huit premiers mois ont été supérieurs de 40% à ceux recensés durant la même période de 2010, selon les chiffres des Nations unies.

Hamid Karzaï n'a pourtant pas exclu de voir la sécurité s'améliorer malgré le retrait des troupes américaines d'ici la fin 2014, «si nous nous concentrons sur les bonnes questions». Il a ainsi jugé que la disparition des sanctuaires insurgés au Pakistan était indispensable pour battre les taliban.

Islamabad a soutenu le régime des taliban

Kaboul accuse le Pakistan d'être lié à l'assassinat, le 20 septembre dernier, de l'ancien président Burhanuddin Rabbani, qui était chargé de prendre contact avec l'insurrection pour chercher une issue négociée au conflit.

Les insurgés islamistes «ne pourraient pas lever le petit doigt sans le soutien du Pakistan», a estimé le président afghan sur les ondes de la BBC. Hamid Karzaï n'a toutefois pas écarté l'idée de tenter à nouveau de discuter avec les taliban, à condition de trouver un interlocuteur.

«Nous n'avons pas dit que nous ne leur parlerions pas. Nous avons dit que nous ne savions pas à qui parler», a-t-il dit.

Les analystes estiment que le Pakistan se sert des insurgés islamistes afghans comme d'un contrepoids à l'influence croissante de son principal ennemi, l'Inde, en Afghanistan.

Islamabad a soutenu le régime des taliban, arrivé au pouvoir à Kaboul en 1996, avant de basculer du côté des Etats-Unis lors de l'intervention de l'automne 2001, lancée en représailles aux attentats du 11-Septembre.