Turquie: Sarkozy devrait «abandonner le rôle de l'historien et se creuse un peu la tête pour sortir son pays du gouffre économique dans lequel il se trouve»

avec AFP

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«Le président français Nicolas Sarkozy ferait mieux de s'occuper des problèmes des Français plutôt que de jouer les historiens sur la question du génocide arménien», a estimé ce vendredi le ministre turc aux Affaires européennes Egemen Bagis, réagissant aux déclarations du président français, jeudi, lors de sa visite d'Etat en Arménie.

«Il serait mieux, pour la sérénité en France, en Europe et dans le monde, que M. Sarkozy abandonne le rôle de l'historien et se creuse un peu la tête pour sortir son pays du gouffre économique dans lequel il se trouve et produise des projets pour l'avenir de l'Union européenne», a déclaré Bagis, lors d'une visite à Sarajevo. Le président français  a appelé jeudi la Turquie à «revisiter son histoire» en reconnaissant le «génocide arménien» de 1915 au cours de sa visite d'Etat en Arménie, première étape d'une tournée qui le conduira vendredi en Azerbaïdjan et en Géorgie.

Hommage aux victimes du massacre ottoman perpétré en 1915 et 1916 en Turquie

«La Turquie, qui est un grand pays, s'honorerait à revisiter son histoire comme d'autres grands pays dans le monde l'ont fait, l'Allemagne, la France. On est toujours plus fort quand on regarde son histoire et le négationnisme n'est pas acceptable», a lancé Nicolas Sarkozy. Comme le veut la tradition, Nicolas Sarkozy a débuté son séjour en rendant hommage, avec son homologue arménien Serge Sarkissian, aux centaines de milliers de victimes du massacre ottoman perpétré en 1915 et 1916 en Turquie, en plantant un arbre dans le jardin du mémorial qui domine Erevan.

C'est à l'issue de cette cérémonie, puis dans le cadre plus solennel du dîner offert par son hôte, que le chef de l'Etat a demandé, devant son hôte et la presse, à la Turquie de faire un pas en avant sur ce dossier passionnel, qui continue d'empoisonner les relations entre l'Arménie et son voisin turc. Outre la France, par une loi votée en 2001, le Canada et le Parlement européen ont eux aussi qualifié les massacres de 1915 de «génocide».