Afghanistan: Dix ans après, «Tout ce que nous avons, c'est la souffrance et l'instabilité»

CONFLIT Dix ans après le début de l'intervention militaire américaine, le bilan est sombre...

Faustine Vincent

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Plusieurs centaines d'Afghans ont manifesté hier dans le centre de Kaboul.
Plusieurs centaines d'Afghans ont manifesté hier dans le centre de Kaboul. — K. JEBRELLI / AP / SIPA

Plusieurs centaines d'Afghans ont manifesté jeudi dans le centre de Kaboul pour dénoncer «l'occupation» américaine, à la veille du 10e anniversaire du début de l'intervention militaire des Etats-Unis après les attentats du 11 Septembre 2001. «Dix ans après cette invasion, tout ce que nous avons, c'est la souffrance, l'instabilité et la pauvreté dans notre pays», a confié Hafizullah Rasikh, un organisateur de la manifestation.

Les Etats-Unis ont prévu de retirer entièrement leurs forces d'ici à la fin 2014. Le nombre de victimes civiles a atteint un niveau record cette année et, même si elles sont majoritairement le fait des insurgés, la population concentre ses reproches sur les troupes étrangères.

Précarité dans la santé
En France, un rassemblement d'ONG françaises et afghanes est prévu ce vendredi de 11h à 13h, place du Palais-Royal à Paris, en face du Conseil d'Etat. A cette occasion, un rapport sera présenté sur les évolutions dans les domaines de la santé et de l'éducation depuis dix ans. Bilan: les 57 milliards de dollars d'aide internationale et de fonds gouvernementaux dépensés depuis 2001 «ont permis des progrès importants, notamment dans les zones urbaines». Mais «derrière les chiffres impressionnants de millions d'Afghans ayant accès aux hôpitaux et aux écoles, il y a la réalité de gens qui peinent pour atteindre des cliniques s'avérant sans médicaments ni docteurs, et des écoliers qui s'évertuent à étudier sans livres et sans salles de classe», souligne Anne Garella, directrice d‘Acbar, qui coordonne des ONG afghanes et internationales.

La peur croissante de la violence et des activités militaires de tous bords empêchent également l'accès aux services de base. Les violences ont forcé 130.000 civils à fuir leur domicile au cours de l'année, une hausse de plus de 65% par rapport à 2010, selon l'ONU. Les ONG espèrent des engagements pour «un développement solide» lors du sommet prévu entre l'Afghanistan et ses partenaires le 5 décembre à Bonn (Allemagne).