"Il Cavaliere" semble inusable

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Silvio Berlusconi, leader de Forza Italia

 De Silvio Berlusconi, on sait qu’il s’est fait lifter le visage, qu’il est toujours bronzé, qu’il met des talons pour compenser son mètre soixante et onze, et qu’il fait beaucoup de gaffes, ce qui lui vaut les foudres de la presse étrangère.
Depuis son accession au pouvoir en 2001, l’hebdomadaire libéral britannique The Economist
ne lâche pas le «Cavaliere». Fait unique au monde, le site Web de la BBC a consacré une page entière aux bévues du président du Conseil italien. Dernière en date, un incident diplomatique avec le régime communiste chinois qu’il a accusé d’avoir fait « bouillir les petits enfants » au temps de Mao.
Le personnage fait couler beaucoup d’encre, au moins soixante ouvrages lui ont été consacrés ces dix dernières années. Mais difficile de savoir ce que pensent vraiment les Italiens. Télévisuellement, Berlusconi a la « Botte » à sa botte grâce à son empire médiatique, trois chaînes de télé et le contrôle de la RAI publique. Quant à la presse écrite italienne, elle fait bloc contre lui sauf… les trois journaux qu’il possède.

Alors Berlusconi, c’est fini ? L’entrepreneur charismatique s’est relevé plusieurs fois alors qu’on le donnait perdant. En 2001, un électeur sur cinq l’avait choisi, sans oser le dire lors des sondages. Il a ensuite réussi le tour de force de rester cinq ans au pouvoir, un record en Italie depuis 1945. Une longévité nécessaire pour cet homme plusieurs fois poursuivi pour corruption demagistrats, mais jamais condamné grâce à des lois faites sur mesure. A 69ans, l’homme le plus puissant du pays, heureux propriétaire du club de football Milan AC, semble inusable…

Camille Langlade