Egypte: L'Etat d'urgence maintenu jusqu'en 2012

Reuters

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La loi sur l'état d'urgence sera maintenue en Egypte jusqu'en juin 2012, a annoncé ce mercredi le Conseil suprême des forces armées qui dirige le pays depuis la chute du président Hosni Moubarak le 11 février dernier.

La loi, qui autorise des mesures d'exception restreignant les libertés publiques, est en place depuis l'assassinat d'Anouar Sadate en 1981. Son abolition est réclamée depuis des mois par les révolutionnaires de la place Tahrir, qui estiment qu'Hosni Moubarak s'en est servi pour étouffer l'opposition.

Le général Adel Morsi, chef de l'autorité judiciaire militaire, a rappelé que la loi avait été étendue par «décret présidentiel» en 2010 pour une durée de deux années jusqu'au 30 juin 2012 et démenti toute information sur sa levée imminente.

Rétabli après les attaques de l'ambassade israélienne

L'état d'urgence a été réactivé à la suite de l'attaque de l'ambassade d'Israël au Caire le 9 septembre. Des manifestants avaient lancé un assaut contre la mission et s'étaient ensuite heurtés à la police. Il y avait eu trois morts et un millier de blessés.

Le ministre de l'Intérieur Mansour Essaoui a déclaré que la loi ne serait utilisée que pour lutter contre le terrorisme, la violence, le trafic d'armes et de stupéfiants et les attaques contre les bâtiments officiels, «sans restreindre les libertés politiques ni la liberté d'expression et d'opinion».

Le Premier ministre Essam Charaf, nommé par le CSFA, a assuré, cité par le journal Al Akbar, que la loi d'urgence était là pour «protéger la révolution».

Ahmed Maher, membre dirigeant du Mouvement du 6 avril, l'un des groupes à la tête de la contestation, a rejeté la décision des militaires qui «n'a aucune raison d'être si la loi pénale est appliquée».

Des militants et des partis politiques ont organisé une marche lundi de la place Tahrir, dans le centre du Caire, au siège du gouvernement afin de protester contre la loi d'urgence et les tribunaux militaires.