Etat palestinien: Obama invite les Palestiniens à renoncer à leur projet

DIPLOMATIE Le président des Etats-Unis récuse la demande des Palestiniens...

Reuters

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Le président Barack Obama dans une allocution télévisée, le 1er février 2011.
Le président Barack Obama dans une allocution télévisée, le 1er février 2011. — L.DOWNING / REUTERS

Seules des négociations directes permettront de mettre fin au conflit proche-oriental, a déclaré ce mercredi Barack Obama, récusant la demande de reconnaissance que les Palestiniens ont l'intention de déposer à l'Onu.

«Je suis convaincu qu'il n'y a pas de raccourci vers l'issue d'un conflit qui dure depuis des décennies. La paix ne viendra pas avec des communiqués et des résolutions de l'Onu», a déclaré le président américain dans un discours prononcé devant l'Assemblée générale des Nations unies à New York.

«Au final, c'est aux Israéliens et aux Palestiniens, pas à nous, de trouver un accord sur les problèmes qui les divisent: sur les frontières et la sécurité, sur les réfugiés et Jérusalem».

«Les Israéliens doivent savoir que tout accord garantira leur sécurité. Les Palestiniens méritent de connaître le fondement territorial de leur Etat", a-t-il poursuivi, s'efforçant de trouver le juste équilibre et de dissuader l'Autorité autonome de demander vendredi la reconnaissance de l'Onu.

Son auditoire, largement acquis à la cause palestinienne, est resté silencieux à l'issue de ce discours de 36 minutes.

Yasser Abed Rabbo, secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), a dénoncé «un appel abstrait à la négociation», à des lieues de l'enthousiasme suscité par les révoltes dans le monde arabe.

«Nous espérions entendre que la liberté du peuple palestinien était essentielle pour le printemps arabe. La liberté doit s'appliquer à toute la région», a-t-il estimé.

Beaucoup jugent les efforts de Barack Obama voués à l'échec et estiment qu'il pourra au mieux minimiser les conséquences de l'initiative de Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne.

A l'issue de son discours, le président américain s'est entretenu avec le Premier ministre israélien et Benjamin Netanyahu a jugé lui aussi que les négociations étaient le seul moyen de parvenir à la paix. Le projet palestinien, a-t-il assuré, «ne réussira pas».

Nicolas Sarkozy propos la reprise du dialogue

Barack Obama devait ensuite rencontrer Mahmoud Abbas. Illustrant l'impatience des Européens face aux échecs répétés de la diplomatie américaine au Proche-Orient, Nicolas Sarkozy a quant à lui proposé que l'Onu accorde à la Palestine le statut d'Etat observateur, reconnu au Vatican, en attendant un accord définitif sur le futur Etat palestinien, qu'il juge possible d'ici un an.

Le président français a proposé à la tribune de l'Onu un plan de paix prévoyant une reprise des négociations d'ici un mois, un accord sur les frontières et la sécurité dans six mois et un règlement définitif dans un an.

«L'objectif ultime de la négociation de paix doit être la reconnaissance mutuelle de deux Etats nations pour deux peuples, établis sur la base des lignes de 1967 avec des échanges de territoires agréés et équivalents».

«Nous sommes aujourd'hui devant un choix très difficile. Chacun sait bien qu'une reconnaissance pleine et entière du statut d'Etat membre de l'ONU ne peut être obtenue dans l'immédiat pour la Palestine», a dit Nicolas Sarkozy dans un discours entièrement consacré à cette question.

«Mais qui pourrait douter qu'un veto au Conseil de Sécurité risquerait d'engendrer un cycle de violence au Proche-Orient ?», s'est-il interrogé, évoquant l'opposition de Washington, qui a promis de faire obstacle à l'initiative palestinienne si elle arrive jusqu'au Conseil de sécurité.

«Faut-il pour autant exclure une étape intermédiaire ? Pourquoi ne pas envisager pour la Palestine le statut d'Etat observateur aux Nations Unies ?»