Un meurtre sur la route de la paix irlandaise

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En décembre dernier, Denis Donaldson, 56 ans, ancien cadre du Sinn Fein, l'aile politique de l'Armée républicaine irlandaise (IRA), avait avoué, en direct à la télévision, qu'il espionnait son mouvement pour le compte des services secrets britanniques depuis les années 1980. Puis, il s'était retiré dans une ferme du nord-ouest de l'Irlande, sans eau courante ni électricité. Mardi soir, il a été tué, chez lui, de plusieurs décharges de fusil à pompe.

Un assassinat commis juste avant la venue en Irlande du Nord, aujourd'hui, des Premiers ministres britannique et irlandais, Tony Blair et Bertie Ahern. Après des mois de tractations infructueuses entre catholiques et protestants, Londres et Dublin sont décidés à aller de l'avant. Selon le Times, ils ont prévu d'annoncer la nouvelle feuille de route du processus de paix nord-irlandais et de donner aux deux camps jusqu'au 24 novembre pour former un exécutif semi-autonome. Un beau programme... Mais, Blair a beau assurer qu'il ne pense pas que l'IRA soit responsable de la mort de Donaldson et qu'il faut en chercher l'auteur parmi les gens qui « veulent détruire le processus de paix », ce meurtre jette un froid sur les pourparlers.

Le principal parti protestant, les Démocrates unionistes du révérend Ian Paisley, refuse depuis des années de siéger aux côtés des catholiques du Sinn Fein, arguant qu'ils n'ont « pas abandonné le terrorisme ». Officiellement, l'IRA a renoncé à la violence en juillet 2005 et démantelé son arsenal en septembre dernier. Paisley n'y croit pas et l'assassinat de Donaldson lui offre un argument de choix pour refuser de partager le gouvernement avec les catholiques.

C. Lemaistre