La Turquie rompt le dialogue avec la Syrie et envisage des sanctions

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La Turquie a rompu son dialogue avec la Syrie et envisage des sanctions contre le pays voisin dont le régime réprime depuis six mois un mouvement de contestation, a indiqué ce mercredi le Premier ministre turc aux Etats-Unis, à l'issue d'un entretien avec le président américain.

Le lien de confiance est rompu

Recep Tayyip Erdogan a souligné que la Turquie envisageait d'imposer des sanctions contre le voisin syrien et s'engagerait dans des discussions à cet effet avec Washington qui a déjà annoncé de telles mesures. «Nous allons voir en coordination avec eux (les Etats-Unis) ce que pourront être nos sanctions», a dit Recep Tayyip Erdogan. Il a dit que son pays «ne faisait plus confiance à l'administration syrienne» qu'il a accusée de mener une campagne de dénigrement à l'encontre de la Turquie.

Barack Obama et Recep Tayyip Erdogan, qui se sont entretenus en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, «ont parlé de la nécessité de davantage de pression sur le régime (du président Bachar al- Assad, pour parvenir à une issue qui répondra aux aspirations du peuple syrien», a déclaré Liz Sherwood-Randall, une conseillère de la présidence américaine.

«Le peuple syrien ne croit pas Assad, moi non plus. Nous ne le croyons plus»

Recep Tayyip Erdogan a d'autre part ajouté qu'il se rendrait prochainement dans la province turque de Hatay (sud) pour y visiter les camps qui accueillent depuis avril environ 7.000 réfugiés syriens qui ont fui le conflit dans leur pays. Recep Tayyip Erdogan, sous qui la Turquie a pris une nouvelle stature de puissance régionale, n'a pas ménagé ses critiques vis-à-vis de la Syrie.

Lors d'un voyage dans des pays du «Printemps arabe» la semaine dernière, il avait affirmé qu'«alors que le bilan des civils tués ne cesse d’augmenter en Syrie, nous constatons que les réformes ne se sont pas matérialisées et que (les dirigeants) n’ont pas parlé honnêtement». «Le peuple syrien ne croit pas Assad, moi non plus. Nous ne le croyons plus», avait-t-il ajouté, signe que les liens privilégiés forgés entre son gouvernement islamo-conservateur et la Syrie, se dénouent.