Niger: Niamey veut de l'aide face aux conséquences du conflit libyen

Reuters

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Les forces nigériennes ont besoin d'une aide étrangère en formation et en équipement pour faire face à la menace terroriste qui pourrait résulter du renversement de Mouammar Kadhafi en Libye, a estimé ce lundi le président Mahamadou Issoufou.

Niamey souhaite une issue rapide à ce conflit qui pèse sur ses échanges et sa sécurité, a-t-il souligné lors d'une conférence de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), à Genève.

Trois convois dans lesquels se trouvaient des membres de l'entourage du «guide» libyen ont pénétré au Niger depuis la chute de l'ancien régime. Parmi eux figurent Saadi Kadhafi, l'un des fils de l'ex-homme fort de Tripoli, le chef de ses services de sécurité et deux membres de son état-major. Tous sont désormais dans la capitale.

Inquiétudes

Les autorités nigériennes craignent que des armes abandonnées par les forces fidèles à Mouammar Kadhafi ne tombent entre les mains de mouvements extrémistes tels qu'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Le gouvernement a d'ores et déjà demandé le concours des services de renseignement étrangers et des vols de reconnaissance pour surveiller les six millions de kilomètres carrés de désert du nord du pays. Des affrontements entre forces gouvernementales et membres présumés d'Aqmi y ont éclaté à deux reprises depuis le début du mois.

«Il y a des inquiétudes pour la sécurité parce que des armes circulent dans le pays et nous craignons qu'elles ne tombent entre de mauvaises mains», a déclaré le chef de l'Etat à Genève.

L'armée nigérienne, a-t-il insisté, a besoin d'aide pour faire face «à l'activité terroriste qui pourrait se développer dans la sous-région». Interrogé sur le lieu où se trouve Mouammar Kadhafi, le chef de l'Etat a répondu: «Je l'ignore, mais il n'est pas au Niger».