« Certains musulmans sont restés cloîtrés chez eux »

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Le 22 juillet, il a fallu deux heures aux autorités pour annoncer que le tueur était norvégien. Deux très longues heures pour les musulmans d'Oslo. « Il y a eu une vague immédiate de racisme, raconte Ellen. J'ai vu des étrangers se faire insulter dans le bus. Les gens pensaient que l'attentat était l'œuvre d'Al-Qaida. » Les musulmans ne s'en sont pas encore remis. Seule touche de bleu dans un quartier terne, la mosquée d'Akebergveien garde désormais les volets baissés. Même aux heures de prière. La porte de l'entrée a été caillassée. Quant aux fidèles, ils détournent les yeux à la moindre question.

Le « champ des Dieux »
« Aujourd'hui, cela va un peu mieux, confie pourtant Talaat, un réfugié palestinien de 35 ans. Mais, après l'attentat, certains sont restés cloîtrés chez eux de peur des représailles. » Car en tuant 77 personnes, Anders Breivik voulait dénoncer « l'islamisation rampante ». En trente ans, le taux d'immigrés est passé de 1,7 % à 11,4 %. « Mais nous avons toujours été bien intégrés, poursuit Talaat. Cela doit continuer. Inch Allah ! » Pour s'en convaincre, il faut se rappeler les origines d'Oslo. En vieux norvégien, cela signifie justement « le champ des dieux ».À OSLO, V. V.