Scandales sexuels: «Je n'ai jamais rien fait dont je devrais avoir honte»», dit Berlusconi

ITALIE Le chef du gouvernement a de nouveaux ennuis pour ses soirées «bunga bunga»

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Le Premier ministre italien Silvio Berlusconi à la Villa Doria Pamphili, à Rome, le 3 juin 2011.
Le Premier ministre italien Silvio Berlusconi à la Villa Doria Pamphili, à Rome, le 3 juin 2011. — REUTERS/Alessia Pierdomenico

Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, impliqué dans plusieurs scandales sexuels, a affirmé vendredi ne pas avoir honte car les faits, tels que rapportés par les médias italiens, ne correspondent pas à la réalité de son comportement.

«Il est vrai, comme vous écrivez, que mon comportement, tel qu'il a été décrit ces derniers jours par les journaux, apparaît scandaleux. Mais mon comportement n'a absolument pas été celui décrit et je vous confirme (...) que je n'ai jamais rien fait dont je devrais avoir honte», écrit M. Berlusconi dans une lettre à Giuliano Ferrara, directeur du quotidien Il Foglio et proche du chef du gouvernement.

Un «circuit médiatique et judiciaire devenu complètement fou», accuse Berlusconi

Silvio Berlusconi accuse une fois de plus la magistrature de gauche de le persécuter pour des raisons politiques.

«Le vrai problème est que depuis trois ans» et sa victoire aux législatives de 2008 «il y a en cours une tentative crapuleuse de transformer ma vie privée en délit» pénal, poursuit le chef du gouvernement dans sa lettre, dénonçant «un scandale intolérable de la part d'un circuit médiatique et judiciaire devenu complètement fou».

Huit personnes ont été inculpées jeudi par la justice de Bari (sud), accusées d'avoir fourni des prostituées à Silvio Berlusconi lors des fameuses soirées «bunga bunga» dans les résidences du chef du gouvernement.

Les avocats du Cavaliere ont souligné dans un communiqué que leur client était «totalement étranger aux chefs d'inculpation de l'affaire de Bari» et «la reconstruction donnée des soirées est dénuée de tout fondement; il ne s'agissait que de réunions conviviales comme l'ont affirmé les participantes» .

Berlusconi victime d'un chantage?

Selon le parquet, au moins 30 jeunes femmes ont été amenées par le principal inculpé, Gianpaolo Tarantini, dans les résidences de M. Berlusconi, et une bonne partie se sont prostituées avec le chef du gouvernement.

Une partie des jeunes femmes sont aussi apparues dans le scandale Rubygate où M. Berlusconi est jugé depuis le 6 avril à Milan pour prostitution de mineure et abus de pouvoir. Le Rubygate concerne des parties fines organisées près de Milan dans une villa de M. Berlusconi entre janvier et mai 2010.

Le président du Conseil n'est pas directement impliqué dans cette affaire Tarantini mais les magistrats veulent l'entendre comme témoin car ils soupçonnent l'homme d'affaires de Bari (Sud de l'Italie) de lui avoir extorqué plus de 700.000 euros pour, en échange, mentir dans l'enquête menée à Bari.

«Gianpi, qui m'amènes-tu ce soir?», déclare le Cavaliere, 74 ans, à Tarantini dans une conversation téléphonique enregistrée par les enquêteurs, selon les comptes rendus publiés dans la presse.

«Je n'ai pas l'intention d'éviter une demande de témoignage (...) mais telle qu'elle a été présentée, elle ressemble à une embuscade politico-médiatico-judiciaire» , poursuit M. Berlusconi dans sa lettre à M. Ferrara.

Selon la presse, M. Berlusconi ne souhaite pas se présenter en qualité de témoin devant les magistrats napolitains car un témoin ne peut pas être assisté par ses avocats et ne peut pas refuser de répondre à une question de la justice.