«Détérioration des relations raciales» en Afrique du Sud, selon l'ex-président De Klerk

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L'Afrique du Sud est confrontée à plusieurs défis, «un niveau de chômage inacceptable, des inégalités persistantes, l'échec du système éducatif, la forte criminalité» mais aussi «la détérioration des relations raciales», a déploré vendredi l'ancien président sud-africain Frederik De Klerk. Selon lui, l'Afrique du Sud est parvenue à se doter d'une Constitution modèle pour gérer la cohabitation entre citoyens de diverses origines, mais «l'enthousiasme» avec lequel elle a été adoptée n'empêche pas les difficultés.

Frederik De Klerk s'exprimait devant la Fondation Nelson Mandela dont il était l'invité en compagnie du président de la Commission européenne Jose Manuel Barroso et de l'intellectuel sud-africain Njabulo Ndebele. «Le défi de la diversité concerne tous les pays. (...) Cela devient un défi pour tous vos Etats-membres», a-t-il ajouté à l'adresse de Jose Manuel Barroso. Frederik De Klerk, prix Nobel de la paix 1993, s'est aussi félicité de la récente décision judiciaire qui a interdit une chanson anti-apartheid dont les paroles signifient «tirez sur le Boer» (le fermier blanc).

«Est-ce un appel à la haine? Oui», a estimé Frederik De Klerk. «Est-ce que l'incitation à la haine est autorisée au nom de la liberté d'expression? Non, c'est la seule exception négociée dans notre Constitution», a-t-il ajouté. «Je ne vois pas en quoi, au jour d'aujourd'hui, ne pas chanter "Dubula ibhunu" porterait atteinte à la fierté historique de l'ANC», a-t-il ajouté. Le jugement a été rendu lundi. «Dubula ibhunu» est une célèbre chanson de la lutte anti-apartheid remise au goût du jour par le président de la Ligue de jeunesse de l'ANC Julius Malema. Ses paroles visent les fermier blancs, ou plus généralement les Afrikaners (blancs d'origine hollandaise). En marge du jugement, plusieurs observateurs ont évoqué une possible escalade des tensions raciales en Afrique du Sud.