David Cameron et Nicolas Sarkozy, à leur arrivée à l'hôpital de Tripoli, hier.
David Cameron et Nicolas Sarkozy, à leur arrivée à l'hôpital de Tripoli, hier. — E. FEFERBERG / AP / SIPA

Monde

sarkozy et cameron s'offrent un bain de foule

libye Les dirigeants français et britannique étaient hier à Tripoli et Benghazi

Moment d'ivresse pour le président français. A l'heure où 61 % des Français ont une opinion négative de lui, selon le dernier sondage LH2 pour Le Nouvel Observateur, Nicolas Sarkozy s'est offert hier un bain de foule parmi le millier de Libyens venus l'acclamer, lui et le Premier ministre britannique, David Cameron, sur la place de la Liberté à Benghazi.
Les deux dirigeants, qui effectuaient hier leur première visite en Libye depuis la chute du régime de Mouammar Ka­dhafi, ont salué le « courage » du peuple libyen, qui a « réussi à se débarrasser d'un dictateur et à imposer la liberté ». Mais ni le rôle clé de l'intervention de l'Otan et ni l'aide discrète des forces spéciales occidentales apportée aux rebelles au sol n'ont été mentionnés. Ils ont également assuré les Libyens de leur « soutien pour reconstruire le pays ». « Nous vous demandons une chose : une Libye unie et non divisée, a toutefois insisté Nicolas Sarkozy. Vous devez démontrer un nouveau courage, celui du pardon et de la réconciliation. »
Arrivés séparément quelques heures plus tôt à Tripoli, où les attendaient le chef du Conseil national de transition (CNT) Moustapha Abdeljalil et le numéro deux Mahmoud Jibril, Sarkozy et Cameron se sont d'abord rendus dans l'hôpital de la capitale. Le Président a ensuite appelé les pays qui accueillent des anciens responsables libyens recherchés par la justice à travailler avec les instances internationales « pour qu'ils rendent des comptes ». De son côté, Cameron a annoncé que la Grande-Bretagne comptait débloquer 12 milliards de livres d'avoirs du régime Kadhafi gelés dès que le Conseil de sécurité l'y autoriserait. Londres et Paris doivent proposer une résolution dans ce sens aujourd'hui. Dans la soirée, le CNT a annoncé une « avancée majeure » : l'arrivée de ses forces dans les faubourgs de Syrte, la ville natale de Kadhafi toujours tenue par les partisans du Guide.