Primaires républicaines: Quel candidat pour battre Obama?

POLITIQUE Le point sur la course républicaine, après le premier débat où tous les candidats majeurs étaient là...

Philippe Berry

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Rick Perry, Mitt Romney, Michele Bachmann et Sarah Palin.
Rick Perry, Mitt Romney, Michele Bachmann et Sarah Palin. — PHOTOMONTAGE/REUTERS

De notre correspondant à Los Angeles

Barack Obama peut officiellement commencer à s'inquiéter. Le président, qui dévoilait son plan pour l'emploi hier soir, est au plus bas dans les sondages, à 44% de satisfaits par son travail. Pire, avec un chômage à plus de 9% et des déficits qui se creusent, trois Américains sur quatre désapprouvent sa politique économique. Plus que jamais, il semble prenable en 2012, même en l'absence de stars côté républicain. Qui sont ses adversaires potentiels? Qui a les meilleurs chances? Le point, après le débat républicain à la bibliothèque Ronald Reagan, mercredi soir.

Rick Perry, le favori

Sa bio. Encore plus Texan que George W. Bush, Rick Perry a gagné ses jalons comme gouverneur du plus grand Etat américain. Cet ancien pilote de l'US Air Force a démarré sa carrière politique sous l'étiquette démocrate avant de retourner sa veste en 1989.

Ses forces. En 27 ans de carrière, il n'a jamais perdu une élection. Sous sa direction, le Texas a créé autant d'emplois privés depuis 2009 que tous les autres Etats réunis. Après une ascension fulgurante en août, il devance ses concurrents d'une dizaine de points.

Ses faiblesses. Mal connu sur la scène nationale, et encore plus à l'international. Religion, environnement, social... Ses positions ultra-conservatrices plébiscitées par le Tea party «auront du mal à séduire les électeurs indépendants», analyse Mark DiCamillo, sondeur pour CA Field Poll.

Sa performance au débat. Le site Politico se demandait si Perry était «intelligent». Souriant et décontracté, il a montré qu'il était capable de rabâcher ses points de campagne, vantant son bilan économique et esquivant habilement une question sur la précarité des emplois créés. Moins convaincant quand il a dû justifier ses sorties populistes sur les retraites et l'environnement.

Face à Obama. Il perdrait d'une courte tête (44,2% contre 45,8%), selon la moyenne RealClearPolitics.

Mitt Romney, le plus dangereux

Sa bio. Ce businessman reconverti en homme politique se pose en Monsieur économie du parti républicain. Il a tenté sa chance dans les primaires de 2008 mais s'était incliné face à John McCain.

Ses forces. De tous les candidats, il est le plus connu, le seul qui dispose –pour l'instant– d'une stature capable d'inquiéter un président sortant.

Ses faiblesses. Son image de col blanc passe mal auprès de l'électorat populaire. Surtout, il va devoir s'imposer dans des primaires républicaines qui penchent à droite. Deux casseroles principales: sa réforme de la santé dans le Massachusetts, proche de celle d'Obama, et sa foi mormone.

Sa performance au débat. Il a échangé les coups avec Perry, réduisant les autres candidats à de simples spectateurs. Rodé sur les dossiers, il a marqué des points.

Face à Obama. Ils sont dans un mouchoir. Sur les six derniers sondages nationaux, deux le donnent vainqueur, deux, perdant, et deux les placent à égalité.

Michele Bachmann, l'électron libre

Sa bio. Ancienne avocate puis mère au foyer, elle a été élu représentante du Minnesota en 2006. Une place au Congrès qu'elle a défendue avec succès en 2008 puis 2010, notamment en surfant sur le soutien du Tea party, dont elle a créé le premier groupe parlementaire à la Chambre.

Ses forces. Combattive lors des deux premiers débats, elle est sortie en tête, début août, de l'Iowa straw poll, un sondage majeur dans l'Etat où se déroulera le premier scrutin, le 6 février.

Ses faiblesses. Comme Sarah Palin, elle est ultra-polarisante. «Son élan semble s'être arrêté avec l’ascension de Rick Perry», analyse Dan Schnur, expert sondage pour le Los Angeles Times. Le départ récent de deux cadres de son équipe de campagne n'a rien arrangé.

Sa performance au débat. En mode disque rayé, elle a répété qu'elle se battrait «sans relâche pour repousser Obamacare (la réforme de la santé adoptée, ndr) et la médecine socialisée». Très creuse sur le fond, surtout quand elle a tenté d'expliquer comme elle comptait diviser le prix de l'essence par deux.

Face à Obama. Cela semble mal engagé, avec plus de sept points de retard dans les études nationales.

Les autres candidats

Le libertarian Ron Paul dispose d'une base enthousiaste. S'il reste assez longtemps dans la course, il remportera assez de délégués pour peser lors de la convention républicaine. Le businessman Herman Cain, l'ancien ambassadeur des Etats-Unis en Chine –nommé par Obama– Jon Huntsman, le vétéran Newt Gingrich et l'ancien représentant de Pennsylvanie Rick Santorum n'ont aucune chance et placent leurs pions pour un poste dans une administration républicaine. Sarah Palin, elle, fait durer le suspense sur une éventuelle candidature. Mais avec 13 points de retard sur Obama dans les sondages, sa mission s'annonce compliquée.