Des affrontements ont éclaté entre pro et anti-Moubarak, hier.
Des affrontements ont éclaté entre pro et anti-Moubarak, hier. — A. DALSH / REUTERS

EGYPTE

Procès Moubarak: L'audience tourne au pugilat

L'audition des premiers témoins s'est tenue lundi à huis clos au procès de l'ex-président...

La troisième audience du procès d'Hosni Moubarak s'est tenue lundi au Caire dans un climat tendu. Des affrontements ont éclaté entre partisans et adversaires de l'ex-président égyptien à l'intérieur et hors du tribunal. Les forces de l'ordre ont dû interrompre une bagarre dans la salle d'audience entre des avocats, des plaignants et des fidèles de l'ancien raïs.

Mais cette fois, pas d'image. Le juge Ahmed Refaat a interdit les caméras après les deux premières audiences, que les Egyptiens avaient suivies avec fascination. Moubarak, 83 ans, est arrivé allongé sur une civière au procès, où étaient entendus à huis clos les premiers témoins à charge –tous policiers.

Un témoin nie le recours à des armes automatiques

Cette troisième audience devait être l'occasion d'entrer dans le vif du sujet en tentant de déterminer les responsabilités de l'ancien président dans le meurtre de manifestants lors de la «révolution du Nil», qui a abouti à sa démission le 11 février et fait 840 morts, selon le bilan officiel. Les ordres de tirer sur la foule ont-ils été donnés sous la seule responsabilité du ministère de l'Intérieur, ou Moubarak était-il impliqué?

Le premier témoin, le général Hussein Saïd Mohamed Moursi, était responsable de la communication au centre opérationnel de la police lors du soulèvement. Il a déclaré au tribunal que les policiers avaient reçu pour instruction de faire usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau pour disperser les manifestants la nuit du 25 janvier, quand les manifestations contre Moubarak avaient éclaté. Il a assuré n'avoir eu connaissance d'aucun ordre visant à faire tirer sur des manifestants. D'après la télévision d'Etat, Moursi «a nié un éventuel recours à des armes automatiques contre les manifestants».

Moubarak est jugé pour corruption, détournement de fonds publics et meurtre avec préméditation pendant la répression du mouvement de contestation. Dix avocats koweïtiens se joindront à l'équipe de défense.