Croatie: L'ex-Premier ministre Sanader inculpé pour corruption

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L'ancien Premier ministre croate, Ivo Sanader, a été inculpé mercredi par la justice locale pour avoir touché dans les années 1990 une provision de l'équivalent de 480.000 euros venant d'un prêt accordé au gouvernement croate par une banque autrichienne, a-t-on indiqué de source judiciaire.

Ivo Sanader est le plus haut dirigeant croate inculpé pour corruption par la justice locale, qui a redoublé d'efforts ces derniers temps dans la lutte contre ce fléau, sous la pression de l'Union européenne à laquelle la Croatie devrait adhérer en 2013. Il fait l'objet d'enquêtes dans six autres affaires estimées à plusieurs millions d'euros, mais il s'agit de sa première inculpation.

«Abus de pouvoir»

Le bureau national de lutte contre la corruption et le crime organisé (USKOK) a inculpé Ivo Sanader d'«abus de pouvoir (...) pendant la guerre patriotique (1991-95), une période de grande inflation et des taux d'intérêt particulièrement importants, où la Croatie trouvaient difficilement des banques pour emprunter de l'argent», explique-t-on dans un communiqué.

Selon le parquet, la banque autrichienne Hypo Alpe Adria Group (HGAA) avait versé à Ivo Sanader une provision de 7 millions de schillings (482.000 euros), soit 5% du montant (140 millions de schillings, près de 10 millions d'euros) prêté en 1995 au gouvernement croate.

Extradé par l'Autriche en juillet

Ivo Sanader avait participé à l'époque (en 1994 et 1995) en sa qualité du ministre adjoint des Affaires étrangères, aux négociations portant sur ce prêt, selon la même source.

Interrogé fin juillet par les agents d'Uskok à propos de cette affaire, Ivo Sanader a nié son implication. Le parquet a par ailleurs conseillé une saisie des biens d'Ivo Sanader de l'équivalent du préjudice présumément causé à l'Etat.

Ivo Sanader, 58 ans, a dirigé le gouvernement de 2003 à 2009, avant sa démission soudaine. Il a été arrêté en décembre 2010 en Autriche et incarcéré à Zagreb depuis son extradition par l'Autriche à la mi-juillet. Un juge d'instruction a prolongé à la mi-août sa détention préventive de deux mois.