Etats-Unis: En 2030, la moitié de la population américaine sera obèse

SANTE Une augmentation qui va peser lourd sur les dépenses publiques...

Olivia Vignaud

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L'Agence américaine des médicaments (FDA) a rejeté la demande d'autorisation de mise sur le marché du Qnexa, le traitement expérimental anti-obésité du laboratoire Vivus Inc, en raison de risques pour la santé, selon un communiqué de la firme.
L'Agence américaine des médicaments (FDA) a rejeté la demande d'autorisation de mise sur le marché du Qnexa, le traitement expérimental anti-obésité du laboratoire Vivus Inc, en raison de risques pour la santé, selon un communiqué de la firme. — Justin Sullivan AFP/Getty Images/Archives

Si  le gouvernement ne prend aucune mesure, la moitié de la population adulte américaine sera obèse d’ici à 2030. C’est en tout cas ce qu’affirme un rapport publié la semaine dernière par le journal médical anglais, The Lancet.

Pour les experts en santé publique, les changements de société qui ont eu lieu au cours du siècle dernier ont contribué à créer un environnement «obésogène» qui, quelle que soit la volonté des Américains, rend très difficile la conservation d’un poids bon pour la santé.

Cette étude sur la crise mondiale de l’obésité donne quelques pistes pour la lutte contre ce fléau. Les chercheurs préconisent, notamment, de taxer la nourriture trop riche, mauvaise pour la santé, et d’investir dans la recherche et dans des programmes de surveillance.

Le système de santé en première ligne

Les auteurs du texte précisent également que la crise de l’obésité va continuer à s’aggraver et donc peser de plus en plus sur les finances du système de santé.

Selon un article publié l’an dernier par un chercheur américain de l’Université de Duke, Eric A. Finkelstein, les personnes obèses ont 48% de jours d’hospitalisation en plus par an que les personnes qui ne le sont pas. A titre d’exemple également, un diabétique obèse dépense 6 fois plus en produits pharmaceutiques qu’un diabétique «classique».

Les entreprises également touchées

Selon le même article, le bon fonctionnement des entreprises serait davantage troublé par les employés obèses que par les autres. Une personne en surpoids aurait de 0,5 à 5,9 jours de plus d’absence par an qu’un employé au poids sain. Toujours selon l’étude, les obèses feraient davantage de réclamations. Ils demanderaient des infrastructures étudiées, des aménagements d’emploi du temps supplémentaires, etc.

Plus anecdotique, l’augmentation du taux d’obésité chez les jeunes Américains pourraient compromettre l’avenir de leur armée. «Il menace la force de notre armée future», ont déclaré deux anciens chef de l’Etat major, John Shalikashvili et Hugh Shelton. En effet, plus le nombre d’obèses augmente, plus le nombre de recrues potentielles diminue. 

Bien que le rapport reconnaisse que chacun doit être libre de décider de ce qu’il mange et comment il veut vivre sa vie, il constate également que le gouvernement a largement abdiqué devant ce fléau.