Rattrapé par la justice, l'ex-président libérien «disparaît»

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Envolé. L'ex-président du Liberia, Charles Taylor, a disparu, dans la nuit de lundi à hier, de la résidence où il vivait en exil au Nigeria. Accusé d'avoir soutenu la rébellion pendant la guerre civile au Liberia (120 000 morts entre 1991 et 2001), Taylor a été inculpé en 2003 de crimes contre l'humanité et crimes de guerre. Sa disparition intervient au moment où le pays s'apprêtait à le livrer aux autorités libériennes, après avoir résisté deux ans aux pressions internationales. Aucune date pour cette extradition n'avait néanmoins été avancée. Le président nigérian, Olusegun Obasanjo, a ordonné une enquête.

Dimanche, le tribunal spécial pour la Sierra Leone – qui accuse Taylor d'avoir exporté la guerre civile dans ce pays – avait demandé au Nigeria de prendre « les mesures nécessaires afin de s'assurer que Taylor ne puisse pas s'enfuir ». Le Nigeria avait refusé, arguant que l'ex-chef de guerre « n'était pas prisonnier ». D'après un conseiller spirituel de Taylor, celui-ci se trouve au Liberia, prêt à se rendre à la Cour pénale internationale de La Haye, mais refuse de se livrer à la justice en Sierra Leone. F. V. avec AFP