Le pétrole libyen pourrait mettre un an à repartir

Reuters

— 

Six mois de guerre civile ont plongé l'industrie pétrolière de la Libye dans le chaos, et la rapidité de la reprise de la production et des exportations une fois le conflit terminé dépendra des dégâts, encore difficiles à évaluer, constatés sur les infrastructures du pays.

Un responsable de la compagnie pétrolière libyenne Arabian Gulf Oil Company (AGOCO), qui exploite les gisements de Sarir et Mesla sous le contrôle des rebelles, a déclaré vendredi que sa production pourrait reprendre d'ici trois semaines.

Mais d'après une enquête réalisée en juillet par Reuters auprès de 20 analystes et responsables de l'industrie pétrolière, il faudra jusqu'à un an pour relancer la production libyenne de pétrole à plus d'un million de barils par jour (bpj), et jusqu'à deux ans pour que le pays retrouve son niveau de production d'avant guerre, soit 1,6 million de bpj.

Une idée incertaine des dégâts

«Personne n'a vraiment une idée précise des dégâts qu'ont subi les infrastructures pétrolières durant la guerre», rappelle Mike Wittner, directeur de la recherche sur le marché du pétrole à la Société Générale à New York.

«Dès qu'il y aura un certain niveau de sécurité pour le personnel, il ne faudra pas trop longtemps aux entreprises pétrolières pour renvoyer leurs salariés au travail. Si l'argent est là, ils y retourneront», remarque-t-il toutefois.

La Libye, 17e producteur mondial de pétrôle

Jusqu'au début de l'année, la Libye était le 17e producteur de pétrole dans le monde et le troisième en Afrique.

Le pays détient les plus grandes réserves de pétrole brut du continent et environ 85% de ses exportations sont tournées vers l'Europe.

La production libyenne de pétrole représentait avant la guerre environ 2% de la consommation mondiale, mais les troubles politiques l'ont réduite à moins de 100.000 barils par jour et ont suspendu les exportations. De nombreux gisements pétroliers dépendent en effet de travailleurs étrangers, qui ont quasiment tous quitté le pays.

Le bassin de Syrte accueille environ 80% des gisements pétrolifères confirmés du pays et couvre la ligne de front opposant les rebelles aux forces fidèles à Mouammar Kadhafi. D'autres lieux clés de l'industrie pétrolière du pays sont toujours entre les mains des forces pro-Kadhafi.