Les Occidentaux appellent Kadhafi à éviter un ultime carnage

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Les Occidentaux ont appelé lundi le colonel Mouammar Kadhafi à quitter le pouvoir pour éviter un ultime carnage, estimant que l'entrée des rebelles dans Tripoli avait scellé la fin du régime libyen.

Washington et d'autres capitales se sont aussi dites préoccupées par l'après-Kadhafi, avec l'ouverture d'une période de transition entourée d'incertitudes sur l'avenir démocratique de la Libye.

«Cette nuit le mouvement contre le régime Kadhafi a atteint un point de non-retour. Tripoli se libère de la poigne du tyran», après 42 ans de règne, a déclaré le président Barack Obama dans la nuit de dimanche à lundi depuis son lieu de vacances dans le nord-est des Etats-Unis.

«Mouammar Kadhafi et son régime doivent reconnaître que leur règne a pris fin», malgré d'ultimes résistances à Tripoli, a-t-il dit.

M. Obama a aussi appelé les rebelles à respecter les droits du peuple libyen, préserver les institutions de l'Etat et chercher une transition vers la démocratie qui soit «juste et inclue tout le peuple libyen».

A Bruxelles, on pense assister à la fin du régime de Kadhafi

A Bruxelles, la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a aussi jugé qu'on assistait à la fin du régime de Kadhafi. «J'appelle Kadhafi à quitter le pouvoir immédiatement et éviter que le sang ne soit davantage versé», a-t-elle dit.

«La Libye entre dans une nouvelle ère (...) il est temps à présent de lancer un processus de transition vers une nouvelle Libye dans laquelle les principes démocratiques, de justice et de droits de l'homme sont pleinement respectés», a-t-elle ajouté, promettant l'aide de l'Europe.

La Suède s'inquiète de la suite des événements, la France incite Kadhafi à quitter le pouvoir

Plus alarmiste, le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt a averti que «beaucoup de choses pouvaient encore mal tourner dans les prochains jours».

En France, pays qui a été à l'avant-garde avec la Grande-Bretagne dans la lutte contre le régime libyen, le président Nicolas Sarkozy a «exhorté» Mouammar Kadhafi «à éviter à son peuple de nouvelles souffrances inutiles en renonçant sans délai à ce qui lui reste de pouvoir».

«L'issue ne fait désormais plus de doute», a-t-il dit.

Réunion d'urgence pour David Cameron

De son côté, le Premier ministre britannique David Cameron est rentré à Londres, abrégeant ses vacances pour tenir une réunion d'urgence du Conseil national de sécurité.

Dimanche soir, Downing Street avait prédit dans un communiqué que la fin de Mouammar Kadhafi était «proche» après l'entrée des rebelles dans Tripoli.

L'avancée des insurgés a été facilitée par l'appui militaire, au cours des quatre derniers mois, de l'OTAN qui a jugé également que «ce à quoi nous assistons est l'effondrement du régime».

De «grandes perspectives» économiques pour l'Italie

En Italie, ancienne puissance coloniale qui avait tissé des liens économiques avec Tripoli, le chef de la diplomatie Franco Frattini a estimé que la chute du régime Kadhafi créera de «grandes perspectives» pour les entreprises italiennes.

«Le nouveau gouvernement libyen respectera tous les contrats,» a-t-il dit, soulignant qu'une filiale du groupe pétrolier ENI travaillaient déjà à la remise en état d'infrastructures pétrolières en Libye.

La Chine, qui avait elle aussi d'importants intérêts économiques en Libye, a déclaré lundi «respecter le choix du peuple libyen». «La Chine espère un retour rapide de la stabilité en Libye» et est prête participer avec la communauté internationale à sa reconstruction, a indiqué le ministère des Affaires étrangères.

Une possibilité évoquée pour éviter un fin sanglante serait le départ de Libye du colonel Kadhafi, mais l'Afrique du Sud, qui joue un rôle de médiateur, a démenti avoir envoyé un avion le chercher comme le rapportaient certaines informations.

Chavez pense que les Occidentaux veulent piller Tripoli de ses richesses

Un des rares alliés du dirigeant libyen, le président vénézuélien, Hugo Chavez, a de nouveau critiqué l'intervention de l'OTAN dans la bataille de Tripoli.

«Les gouvernements d'Europe, pas tous, sont en train de détruire Tripoli sous leurs bombes de même que le gouvernement soi-disant démocrate et démocratique des Etats-Unis», a déclaré M. Chavez. Il a accusé les forces étrangères de vouloir «s'emparer d'un pays et de ses richesses».