Syrie: Le Conseil des droits de l'homme de l'Onu doit se réunir ce lundi

MONDE Une commission d'enquête devrait être mise en place sur les exactions commises par le régime d'el-Assad...

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Bachar el Assad le 20 juin 2011 à damas, en Syrie.
Bachar el Assad le 20 juin 2011 à damas, en Syrie. — REUTERS / SANA

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU se réunit lundi pour une session extraordinaire sur la crise en Syrie qui vise à mettre sur pied une commission d'enquête indépendante pour faire la lumière sur les exactions à l’encontre de la population civile.

La demande de session spéciale du Conseil, une procédure peu fréquente, a été déposée par 23 pays membres, dont les quatre pays arabes du Conseil, l'Arabie saoudite, la Jordanie, le Qatar et le Koweit.

Silencieux au début de la crise, trois de ces pays - Qatar, Arabie Saoudite et Koweit - ont depuis rappelé leur ambassadeur à Damas.

Un projet de résolution

Un projet de résolution, dont l'AFP a obtenu copie «condamne avec force les persistantes et graves violations des droits de l'homme de la part des autorités syriennes» et les appelle «à cesser immédiatement tous les actes de violence contre la population».

Le texte demande également «l'envoi urgent d'une commission d'enquête indépendante» sur place pour «mener des investigations sur les violations des droits de l'homme en Syrie depuis le mois de mars» et «identifier les auteurs pour s'assurer qu'ils puissent être tenus responsables».

De possibles crimes contre l'humanité

Dans un rapport publié jeudi, une mission d'experts mandatée par le Haut commissariat aux droits de l’Homme a dressé un inventaire d'atrocités commises par les forces de sécurité syriennes pouvant «relever de crimes contre l'humanité» et passibles d'une saisine de la Cour pénale internationale (CPI).

«Nous devons maintenir la pression en raison de la dégradation de la situation» en Syrie, a indiqué un diplomate européen à Genève, relevant que «tous les membres de l'UE, les Etats-Unis et les pays arabes étaient sur la même longueur d'onde».

Pour sa part, un diplomate américain a estimé que cette session extraordinaire du Conseil «est une preuve supplémentaire» de la «comdamnation par la communauté internationale» du régime d'Assad et de son «isolement croissant».

Des propos «sans valeur»

Lors d'une session spéciale le 29 avril dernier, le Conseil des droits de l'homme avait déja condamné la Syrie pour avoir ouvert le feu sur des manifestants pacifiques.

La semaine dernière le président américain Barack Obama, comme ses alliés occidentaux, a pour la première fois appelé explicitement Bachar al-Assad à quitter le pouvoir.

Dans une interview à la télévision d'Etat le président syrien Bachar al-Assad a affirmé que les appels occidentaux réclamant son départ étaient «sans valeur». «En nous abstenant de réagir, nous leur disons que leurs propos sont sans valeur», a-t-il dit.

Plus de 2.000 personnes ont été tuées par les forces du régime depuis le début de la répression le 15 mars.