Elections sans étincelles en Israël

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Jérusalem, de notre correspondante

Débats moroses, manque d'enthousiasme des militants, meetings peu fréquentés, Israël a vécu l'une des campagnes électorales les plus mornes de son histoire. Yaïr Lapid, journaliste israélien, s'amusait récemment de voir les jeunes des partis d'extrême droite et ceux de la gauche distribuer leurs tracts côte à côte, dans le calme, aux carrefours des grandes villes. Alors qu'ils s'invectivaient vigoureusement lors des campagnes précédentes.

La victoire quasi assurée de Kadima joue sûrement dans cette absence de passion. En effet, depuis sa création en novembre dernier par Ariel Sharon, le parti centriste est largement en tête des sondages avec une moyenne de 37 sièges sur 120 à la Knesset (le Parlement israélien). Et rien, ni l'hospitalisation d'Ariel Sharon, ni la récente victoire du Hamas aux législatives dans les Territoires palestiniens, n'a réussi à faire bouger les indicateurs. D'ailleurs, les travaillistes menés par Amir Peretz, seconds dans les sondages – grâce notamment à leur programme social –, ne font plus campagne pour gagner, mais pour renforcer le poids du parti dans l'hypothèse d'une coalition emmenée par Kadima.

Aujourd'hui, cinq millions d'électeurs israéliens sont attendus dans les bureaux de vote, mais le taux d'abstention devrait atteindre un chiffre record. Depuis dimanche, le Premier ministre par intérim, Ehoud Olmert, leader de Kadima, exhorte les Israéliens à se rendre aux urnes. Un appel pour le compte de son propre parti car l'abstentionnisme favoriserait les formations de droite et rendrait la victoire de Kadima moins éclatante que prévu.

Céline Bruneau

Présentant son programme de gouvernement au Parlement, hier, le Premier ministre palestinien, Ismaïl Haniyeh, du Hamas, a lancé un appel à la communauté internationale en vue d'un règlement du conflit israélo-palestinien. Le vote d'investiture de son cabinet doit avoir lieu aujourd'hui.