De la colonisation au dialogue, trois façons d'aborder la question palestinienne

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Le Yédiot Aharonot, quotidien le plus vendu en Israël, titre pour sa part en une sur les menaces d'attentat directement lié au scrutin. Selon le commandant des gardes-frontières à Jérusalem Yoram Halevy, les services de sécurité disposent de renseignements sur 13 attentats qui seraient en préparation de la part essentiellement du Jihad islamique.
Le Yédiot Aharonot, quotidien le plus vendu en Israël, titre pour sa part en une sur les menaces d'attentat directement lié au scrutin. Selon le commandant des gardes-frontières à Jérusalem Yoram Halevy, les services de sécurité disposent de renseignements sur 13 attentats qui seraient en préparation de la part essentiellement du Jihad islamique. — Samuel Aranda AFP

 Le Likoud : conserver les colonies

Le parti s’est résolument resserré sur sa droite.
« Le Likoud renaît ! », annonce un slogan : plus
question pour le parti nationaliste
d’abandonner des territoires comme l’a fait
Ariel Sharon avec Gaza quand il était à la tête
du parti.Al’époque, beaucoup d’électeurs du
Likoud s’étaient sentis trahis et Netanyahou
avait démissionné de son poste de ministre des
Finances.Aujourd’hui, le Likoud, en troisième
place dans les sondages, continue à critiquer
le désengagement qui a, selon lui, facilité la
victoire du Hamas. Chaque roquette lancée
sur Israël depuis Gaza est pour la droite
une preuve de la volonté du « Hamastan » de
détruire l’Etat hébreu.Quitter la Cisjordanie,
peuplée de plus de 200 000 colons israéliens
signifierait pour le parti renoncer à la sécurité,
les implantations étant considérées comme
une zone tampon entre les Palestiniens
et lamajorité israélienne. Négocier avec les
Palestiniens n’est pas envisagé, les Likoudniks
ne considérant pas comme un partenaire
Mahmoud Abbas le Président, et encore moins
Ismaïl Haniyeh, Premier ministre Hamas.

Kadima : retrait unilatéral

La création par Ariel Sharon du parti Kadima
en novembre 2005 a été la réponse à une
évolution des mentalités dans la société
israélienne. « Avant même la naissance
de Kadima, il y avait dans la population
un sentiment de ras-le-bol de l’Intifada et des
négociations qui n’aboutissent pas », explique
Hillel Cohen, professeur à l’université
hébraïque de Jérusalem. Face à cette demande,
la force de Kadima, en tête dans les sondages,
est de proposer une séparation unilatérale
et définitive avec les Palestiniens en soutenant
la création d’un Etat en Cisjordanie et à Gaza.
Le leader du parti, EhoudOlmert, a d’ailleurs
promis au cours de la campagne électorale
de fixer les frontières d’Israël d’ici à 2010. Pour
cela, il compte finir la construction du mur
de séparation et organiser le retrait unilatéral
des colonies de Cisjordanie comme
cela avait été le cas pour Gaza.
Ne rien négocier avec les Palestiniens présente
un avantage pour Kadima : la possibilité
de fixer ses propres règles et de conserver
les grandes colonies, notamment celles
qui entourent Jérusalem à l’est.

Les travaillistes : négocier la paix

Le parti travailliste dirigé par l’ancien
syndicaliste d’origine marocaine, Amir Péretz,
est le seul des grands partis israéliens à être
convaincu de la nécessité de négocier une
solution au conflit avec les Palestiniens.
Début mars, Amir Péretz rencontrait donc
le président palestinien, Mahmoud Abbas,
et se présentait comme le candidat de la paix :
« Nous devons continuer à renforcer l’élan
de ceux qui croient à la paix dans nos deux
camps », avait déclaré le moustachu
débonnaire. Le parti travailliste demande
pour Israël la garantie de vivre en paix
et en sécurité à l’intérieur de ses frontières.
Amir Péretz, comme ses prédécesseurs,
soutient la construction du mur
de séparation (un projet travailliste
à l’origine), la formation d’un Etat
palestinien indépendant ainsi
que l’évacuation des colonies de Cisjordanie.
Crédités d’une deuxième place selon
les derniers sondages, avec 20 sièges
sur 120 devant le Likoud (16 sièges)
les travaillistes espèrent pouvoir participer
à une coalition avec Kadima (37 sièges). C.B