Israël appelé à se prononcer sur ses frontières

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Lors des législatives du 25 janvier, un raz de marée vert déferlait sur les territoires palestiniens. Le Hamas, ennemi juré d’Israël, accédait au pouvoir. Demain, c’est au tour des Israéliens d’élire leurs députés avec au centre des préoccupations : les frontières d’Israël. A Gaza, le problème est réglé
depuis août dernier : le territoire a été évacué de ses colonies juives par le gouvernement Sharon. Ce retrait historique a bouleversé la vie politique israélienne : les dissensions au sein du parti nationaliste
de droite, le Likoud, étant devenues trop fortes, Sharon a créé Kadima, un parti centriste. Son programme
est clair : si Israël veut rester un Etat juif, il faut maîtriser la démographie et donc se séparer des Palestiniens en quittant une partie de la Cisjordanie.
Aujourd’hui toujours dans le coma, Sharon, figure emblématique de Kadima, est remplacé par
Ehoud Olmert, qui profite à la fois du programme et de l’aura de son mentor. A droite, c’est Benyamin
Netanyahou qui a repris les rênes du Likoud. Le faucon n’entend pas abandonner la Cisjordanie, ni lâcher ses colons, considérés comme des remparts contre les « terroristes » palestiniens.Demain, en votant, les Israéliens seront donc appelés à choisir entre la séparation d’avec les Palestiniens prônée par
Kadima, la colonisation défendue par le Likoud ou la reprise des négociations auxquelles les travaillistes
veulent encore croire.

Céline Bruneau