Emeutes à Londres: «Il y avait de la fumée partout, des magasins ont pris feu»

TEMOIGNAGE Une jeune Française vivant à Londres raconte les émeutes qui ont secoué son quartier...

Elisa Bertholomey
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Le quartier de Clapham Junction à Londres a subi des dégradations
Le quartier de Clapham Junction à Londres a subi des dégradations — REUTERS/Stefan Wermuth

Traductrice, Typhaine vit à Londres, dans le  quartier de Clapham Junction. Un quartier habituellement tranquille, qui  a lui aussi été la cible d’émeutes dans la nuit de lundi à mardi, pour la première fois depuis le début des violences samedi. «Ce week-end, je  n’étais pas à Londres, au moment des émeutes. J’ai vu ce qu’il se  passait sur Internet et à la télé», raconte la jeune femme. Lundi, Typhaine est allée travailler  normalement, n’oubliant pas au passage de rassurer ses parents, très  inquiets par la teneur des événements. «J’ai dit à ma mère que ça avait  lieu dans le nord de Londres, que ça ne risquait  pas d’arriver ici», se souvient-elle. Dans l’après-midi déjà, la  situation commence à se tendre à Clapham Junction. «J’ai vu passer  beaucoup de voitures de pompiers et  de police. Et nos responsables nous ont demandé de quitter  le bureau avant 19h car certaines employées vivent dans le nord de  Londres et ils ne voulaient pas qu’elles rentrent trop tard.»

Une soirée en apparence normale

De retour chez elle, Typhaine décide d’aller prendre un verre avec une amie, dans le quartier. Alors qu’elle est attablée, elle voit passer de plus en plus de voitures de police et de pompiers. «Une collègue m’a envoyé un message pour savoir si j’étais bien rentrée, mon petit ami aussi. Je n’ai pas compris pourquoi parce que je voyais juste des voitures passer. Et puis il m’a téléphoné pour me dire que Clapham était en proie aux émeutes, qu’elles avaient commencé peu de temps après que j’aie quitté le travail.»


Une soirée en apparence normale

De retour chez elle, Typhaine décide d’aller prendre un verre avec une amie, dans le quartier. Alors qu’elle est attablée, elle voit passer de plus en plus de voitures de police et de pompiers. «Une collègue m’a envoyé un message pour savoir si j’étais bien rentrée, mon petit ami aussi. Je n’ai pas compris pourquoi parce que je voyais juste des voitures passer. Et puis il m’a téléphoné pour me dire que Clapham était en proie aux émeutes, qu’elles avaient commencé peu de temps après que j’aie quitté le travail.»

Typhaine a alors décidé de rentrer chez elle,  en taxi. «Je voyais les forces de polices et les pompiers qui partaient  dans tous les sens, raconte-t-elle. Les rues étaient coupées  à la circulation. Deux camions de pompiers étaient arrêtés dans la rue,  il y avait de la fumée partout, des magasins ont pris feu.» La jeune  traductrice ne comprend pas pourquoi la situation s’est envenimée à  Clapham Junction, un quartier où elle n’a jamais  eu de problème et qu’elle définit comme «extrêmement calme, hyper  résidentiel avec beaucoup de familles de niveau social plutôt élevé.»

Quitter Londres

Lundi soir,  Typhaine est restée enfermée dans sa chambre «pas du tout rassurée». «Un  hélicoptère a tourné au-dessus de chez moi pendant au moins deux heures. C’est censé rassurer, montrer que les forces de l’ordre sont là, mais moi, ça ne m’a pas tranquillisé». Ce mardi matin, ses responsables à son travail lui ont annoncé que le  bureau restait fermé toute la journée. Typhaine, «très stressée» a alors  décidé de quitter Londres pour rejoindre son petit ami qui vit hors de  la capitale. «Je suis sortie ce matin pour  prendre le train mais je ne suis pas tranquille du tout. On ressent le  stress. Si le bureau ouvre mercredi, je reviendrai travailler.» Pour elle, la situation n’est pas prête de se calmer même si dans son quartier, «il n’y a plus grand-chose à casser  car tout a été mis à sac».