Les émeutes s'étendent en Angleterre, David Cameron durcit le ton

VIOLENCES Plus de 400 personnes ont été interpellées dans tout le pays, le Parlement britannique s'est réuni en urgence...

20minutes.fr avec Reuters
— 
Un bâtiment incendié dans un quartier du sud de Londres, lors  d'affrontements entre bandes de jeunes et policiers, dans la nuit de  lundi à mardi.
Un bâtiment incendié dans un quartier du sud de Londres, lors d'affrontements entre bandes de jeunes et policiers, dans la nuit de lundi à mardi. — Lewis Whyld/AP/SIPA

David Cameron hausse le ton. Obligé d'écourter ses vacances enToscane, le Premier ministre britannique a annoncé ce mardi, devant son domicile de Downing Street, des renforts policiers et demandé une justice rapide pour les centaines  de personnes arrêtées depuis samedi, promettant de tout  mettre en oeuvre pour ramener l'ordre dans les rues des grandes villes  du pays. Une réunion de crise se tient ce mardi au Parlement britannique après une  troisième nuit d'émeutes et de pillages qui ont touché de nombreux  quartiers de Londres, mais aussi la province. La police a annoncé avoir arrêté 334 personnes à Londres et une centaine à Birmingham, dans le centre du pays. Les vacances parlementaires seront également interrompues  jeudi pour une séance exceptionnelle.

>> Les émeutes à Londres en images, c'est par ici avec notre diaporama

Au petit matin, les habitants de Londres ont découvert des  rues jonchées de verre, de briques, de bouteilles cassées et des  magasins vidés. La police a tenté durant la nuit de faire régner l'ordre  face à des bandes d'émeutiers, qui ont utilisé téléphones portables et  réseaux sociaux pour s'organiser. Si le calme revenait en début de journée, on pouvait voir des  voitures remplies d'objets volés circulant à grande vitesse dans la  métropole. Au plus fort des violences, les pompiers de Londres ont reconnu qu'ils manquaient de véhicules pour éteindre les incendies allumées par les émeutiers.

Des scènes similaires à Bristol, Birmingham et Liverpool

Certains observateurs expliquent que ces émeutes, les pires depuis  des décennies dans le royaume, trouvent en partie leur origine dans les  coupes claires réalisées dans les services sociaux afin de réduire le  déficit budgétaire. De nombreux émeutiers, qui viennent souvent de quartiers où le chômage règne, se disent marginalisés. «On n'a pas de boulot, pas d'argent (...) Nous avons entendu que des  gars prenaient des trucs gratos, alors pourquoi pas nous?», a dit  E.Nan, entouré d'autres jeunes gens dans un quartier populaire de l'est  de Londres, très touché par les émeutes.

Dans le quartier de Hackney, dans l'est de Londres, des  jeunes, le visage dissimulé sous leur capuche, ont mis le feu à des  poubelles, qu'ils ont fait rouler dans la rue sur la police, tout en  jetant des bouteilles et des briques. Ils ont aussi vidé un magasin de  ses bouteilles de bière et de whisky. «C'est triste de voir tout ça (...) Mais ces gamins n'ont pas de  boulot, pas d'avenir et les coupes budgétaires n'ont fait qu'empirer la  situation (...). Ce n'est que le début», estime un électricien de 39 ans  d'Hackney, Anthony Burns.

Des témoins ont assisté à des scènes similaires dans plusieurs quartiers ainsi quà Birmingham, Liverpool et Bristol. A Ealing, dans l'ouest de la capitale, un habitant a dit à Reuters  avoir vu 150 jeunes en capuches marchant dans la rue, cassant toutes les  vitres des voitures sur leur passage.

Une image du pays ternie?

Le gouvernement britannique a qualifié lundi de criminels les  émeutiers qui ont attaqué la police, pillé des magasins et incendié des  bâtiments, en affirmant que ces violences n'affecteraient pas la tenue  des Jeux olympiques 2012. Mais les images qui passent en boucle sur les chaînes d'information,  montrant des bâtiments en feu et des jeunes armés de battes de baseball  en train de saccager des magasins, risquent de ternir l'image de la  Grande-Bretagne.

«C'était de la violence gratuite et du vol opportuniste, rien de  plus, rien de mois. C'est absolument inacceptable», a déclaré le  vice-Premier ministre Nick Clegg. En raison des violences, des matches de football de la Coupe de la  Ligue anglaise prévus mardi soir ont dû être annulés. Les émeutes trouvent leur origine dans une marche à Nottingham, dans le nord de Londres,  en mémoire d'un homme de 29 ans décédé jeudi lors d'un échange de coups  de feu avec la police. La marche a ensuite dégénéré et les premières  violences ont débuté samedi soir à Nottingham.