Somalie: Les forces gouvernementales prudentes dans les ex-zones shebab

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Les troupes gouvernementales somaliennes et leurs alliés de la force de l'Union africaine (Amisom) progressaient ce dimanche avec prudence dans les zones libérées 24 heures auparavant par les insurgés shebab, dans la capitale Mogadiscio, a constaté un journaliste de l'AFP. Un faible nombre de miliciens shebab se trouvaient encore dans la ville dimanche, provoquant des escarmouches et incitant les habitants désireux de regagner leur maison, certains après trois ans d'absence, à la patience.

«Les troupes gouvernementales et les soldats de la paix de l'Amisom ont investi plusieurs positions, y compris le stade de Mogadiscio. Nous continuons d'avancer avec précaution dans les places fortes des shebab», a expliqué à plusieurs journalistes un haut responsable militaire somalien, le colonel Yussuf Dhegobadan. Les soldats de l'Amisom ont ainsi pénétré dans le quartier du stade de Mogadiscio, au nord de la ville, avec chars et autres véhicules blindés.

Attaques désespérées

«Un petit nombre d'entre eux (les shebab) tentent de tirer profit de notre progression pour mener des attaques désespérées mais nous leur faisons face et nous les éliminerons rapidement», a précisé le haut gradé. Par ailleurs, plusieurs centaines d'habitants revenaient dans ces quartiers pour y vérifier l'état de leur habitation et y préparer leur retour.

«Nous sommes très contents d'être là et de voir nos maisons pour la première fois depuis trois ans. Il est trop tôt pour y retourner mais nous nous préparons à les réparer car beaucoup d'entre elles se sont effondrées ou ont été endommagées à cause des tirs d'artillerie», a expliqué à l'AFP un habitant, Farah Mohamed, venu voir avec des proches sa maison du quartier du stade. Samedi, entre 3h et 5h du matin, des centaines de combattants shebab avaient à la surprise générale quitté la ville, dans le calme et de façon ordonnée, emportant leurs effets personnels.

Un porte-parole des shebab, Ali Mohamed Rage a affirmé que ce retrait était le fruit d'un «changement de tactique militaire». Les shebab, qui contrôlent la majeure partie du centre et du sud du pays, ont juré la perte du gouvernement de transition (TFG) du président Sharif Cheikh Ahmed, soutenu par la communauté internationale et dont le pouvoir ne s'exerce que sur la capitale somalienne.