Argentine: Six arrestations de plus dans le cadre de l'enquête sur le meurtre des Françaises

ENQUÊTE u total, sept suspects sont en détention. L'arme du crime, de calibre 22, a été saisie chez le voisin d'un des suspects...

Reuters

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Une voiture transportant le juge Martin Perez, chargé de l'affaire des Françaises tuées en Argentine, emprunte le chemin de randonnée de San Lorenzo où ont été retrouvés les corps des deux touristes,  le 4 août 2011.
Une voiture transportant le juge Martin Perez, chargé de l'affaire des Françaises tuées en Argentine, emprunte le chemin de randonnée de San Lorenzo où ont été retrouvés les corps des deux touristes,  le 4 août 2011. — STR / AFP

Six personnes ont été arrêtées samedi, et la police a saisi l'arme avec laquelle ont été assassinées en juillet deux touristes françaises dans la province de Salta, a annoncé le ministère argentine de la Justice sur son site Internet.

Les corps des deux Françaises, Houria Moumni, 24 ans, et Cassandre Bouvier, 29 ans, ont été retrouvés le 29 juillet près d'un chemin de randonnée proche de San Lorenzo, capitale de la province de Salta, dans le nord-ouest du pays, dans une zone très touristique. L'autopsie a révélé qu'elles avaient été victimes d'une agression sexuelle particulièrement violente et a confirmé qu'elles avaient été tuées par balle.

Sept suspects au total en détention

En tout, sept suspects, tous originaires de la région, sont actuellement placés en détention, selon la même source. Un homme, Daniel Vilte, avait été arrêté mardi, soupçonné d'être impliqué dans l'achat de l'arme de calibre 22 qui aurait été utilisée contre les deux étudiantes françaises. «L'arme de calibre 22 a été saisie dans la maison d'un voisin d'une des six personnes arrêtées samedi. Celle-ci a indiqué l'endroit où l'arme était dissimulée», a déclaré à l'AFP Marcelo Baez, porte-parole du parquet.

Au cours de la journée, la police a procédé à une série de perquisitions à Salta et dans la localité voisine de San Lorenzo, non loin de l'endroit où ont été découverts les corps des deux jeunes Françaises le 29 juillet dans la réserve naturelle de la Quebrada. Ces opérations ont permis l'arrestation dans la matinée de quatre personnes -trois hommes et une femme- qui seront présentées à la justice lundi, a indiqué à Salta le juge Martin Perez, chargé du dossier.

«En même temps que les arrestations, des preuves matérielles ont été saisies» et sont «considérées comme importantes pour l'enquête», a indiqué le parquet dans un communiqué. «Le juge Martin Perez a inculpé les quatre personnes arrêtées samedi», a précisé à Salta une source judiciaire ayant requis l'anonymat. Cette source a indiqué que les quatre personnes arrêtées «sont jeunes» et que figure parmi elles «la fille d'un ancien commissaire à la retraite ainsi qu'un aspirant policier». Leurs noms et âges exacts n'ont pas été communiqués.

«Un appareil photo et les téléphones portables» des deux étudiantes retrouvés

Durant les perquisitions effectuées samedi matin, «un appareil photo et les téléphones portables» de Houria Moumni et Cassandre Bouvier ont été découverts, a encore dit cette source. «Il y avait des photographies d'elles dans l'appareil photo», a-t-elle ajouté. Toujours selon cette source, le témoignage du chauffeur de la voiture de location qui avait transporté les deux jeunes touristes le 15 juillet, date à laquelle elles ont été vues pour la dernière fois, a permis ces arrestations.

«Tous (ceux qui ont été arrêtés) sont des habitants de Salta», ville située à 1.600 km au nord de Buenos Aires et à 12 kilomètres de la réserve naturelle où les deux jeunes femmes ont été tuées, a par ailleurs déclaré le juge à la radio argentine Mitre, en assurant disposer «d'éléments de preuve importants». Selon la presse locale, qui cite des sources proches de l'enquête, ce sont des appels réalisés avec les téléphones portables de Houria Moumni et Cassandre Bouvier qui ont mené aux arrestations.

Un policier âgé de 24 ans, son épouse et son beau-père âgé de 44 ans figurent parmi les personnes arrêtées, selon le site internet de El Tribuno de Salta qui cite des sources proches de l'enquête. Les expertises médico-légales pour déterminer la date de l'assassinat des deux Françaises seront connues d'ici dix jours, a déclaré un enquêteur. Le juge Martin Perez a transmis vendredi à la Faculté de biochimie de l'Université d'Etat de Buenos Aires les traces d'ADN prélevées sur les corps des victimes pour d'éventuelles comparaisons, a indiqué le parquet.

Pour l'instant, on ignore tout des deux semaines que les deux jeunes femmes ont passées sur les sentiers du site, ainsi que la date exacte de leur décès, un élément clé, selon les enquêteurs, pour savoir si elles ont été séquestrées avant les meurtres. Vendredi, une information judiciaire pour «séquestration, assassinats, et viols» a été ouverte en France. Objectif: permettre aux familles des deux étudiantes tuées de suivre les résultats des examens et des investigations menées en Argentine. Le juge Patrick Ramaël a été désigné pour superviser cette enquête.