Sao Tomé: L'ex-homme fort Pinto da Costa, grand favori du 2e tour

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L'ancien homme fort de Sao Tome, Manuel Pinto da Costa, qui a gouverné l'île d'une main de fer pendant 15 ans sous l'ère du parti unique jusqu'en 1990, part largement favori du deuxième tour de la présidentielle qui l'oppose ce dimanche au président de l'Assemblée nationale Evaristo Carvalho. 92.000 des quelque 200.000 habitants de l'archipel sont appelés à voter pour désigner le successeur de Fradique de Menezes, élu en 2001, réélu en 2006, et qui n'avait pas le droit de briguer un troisième mandat.

Non seulement, Pinto dispose d'une confortable avance après le 1er tour qui l'a vu obtenir 35,58% des voix contre 21,74% à son rival, mais il a aussi reçu le soutien des principaux candidats éliminés au premier tour.

Incarnation de la stabilité

Ancien homme fort du pays sous l'ère communiste, Pinto da Costa, 75 ans, a su pendant la campagne incarner la stabilité dans un pays qui a connu 18 Premiers ministres pendant les 21 années de multipartisme depuis 1990. Il symbolise aussi la lutte contre la corruption, un des principaux fléaux minant le développement de cet archipel qui figure parmi les pays les plus pauvres de la planète. Pinto, qui a déjà été battu à deux reprises lors des présidentielles de 1996 et 2001, semble avoir toutes les cartes en main pour triompher.

Evaristo Carvalho, 70 ans, a été deux fois Premier ministre, la première fois sous Miguel Trovoada, le premier président de l'ère démocratique, adversaire historique de Pinto da Costa. Aujourd'hui, Evaristo défend les couleurs de l'Action démocratique indépendante (ADI) vainqueur des législatives d'août 2010 et parti du Premier ministre Patrice Trovoada, fils de... Miguel Trovoada. Evaristo a lui aussi tenté d'incarner la stabilité et espère rallier les quelque 30.000 électeurs qui se sont abstenus au 1er tour.

Les bureaux de vote seront ouverts dimanche de 7h locales (9h, heure française) à 18h (20h, heure française). Les premiers résultats devraient être connus dans la nuit du 7 au 8 août. L'archipel vit une crise financière presque permanente et son budget est alimenté à 80% par l'aide internationale. C'est l'un des rares pays du golfe de Guinée à ne pas exporter de pétrole, mais des sources économiques et diplomatiques estiment que la production pourrait démarrer en 2014.