Syrie: Les bombardements de l'armée se poursuivent à Hama

CRISE L'offensive de l'armée contre le foyer de contestation du régime a fait quatre morts ce lundi, portant à 84 le nombre de civils tués en moins de 48 heures...

B.D. avec Reuters

— 

Vue d'immeubles d'où s'échappe de la fumée, à Hama, en Syrie, tirée d'une vidéo postée sur Internet le 31 juillet 2011.
Vue d'immeubles d'où s'échappe de la fumée, à Hama, en Syrie, tirée d'une vidéo postée sur Internet le 31 juillet 2011. — REUTERS/YouTube via Reuters TV

L'armée syrienne a poursuivi ce lundi son offensive contre la ville de Hama, foyer de contestation du régime du président Bachar al Assad, et fait quatre morts parmi la population, rapportent des habitants. Ces morts portent à 84 le nombre de civils tués en moins de 48 heures dans cette ville, théâtre, déjà, d'un massacre en 1982 lors de la répression d'un soulèvement islamiste ordonnée par Hafez al Assad, père de l'actuel chef de l'Etat.

Face à ces événements, l'Union européenne a alourdi ses sanctions contre le régime, décrétant un gel des avoirs et une interdiction de voyager visant cinq personnalités impliquées dans le mouvement de répression. Réclamée par Berlin, une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU devrait se tenir lundi à huis clos à 23h ce lundi, selon des diplomates. Plusieurs pays occidentaux ont fait circuler il y a deux mois un projet de résolution condamnant la répression en Syrie mais la Chine et la Russie, deux alliés de Damas, ont menacé d'user de leur droit de veto.

Au moins 29 morts dimanche

L'attaque de Hama a débuté dimanche, veille du début du ramadan, après un siège de près d'un mois. Elle intervient au lendemain d'un week-end particulièrement meurtrier dans la ville de Daïr az Zor, dans l'Est. Selon des habitants, au moins 29 personnes ont été tuées lors de l'assaut mené contre cette ville de 130.000 habitants de la vallée de l'Euphrate. Toujours à l'Est, la ville d'Albou Kamal, assiégée depuis deux semaines par l'armée syrienne, a été bombardée ce lundi, selon des militants des droits de l'homme.

Dans une lettre adressée aux soldats, Bachar al Assad a réaffirmé dimanche soir que son pays était la cible d'une conspiration internationale visant à le démanteler et a accusé des puissances étrangères de chercher à semer les graines d'un conflit religieux afin de «déchirer la Syrie». En annonçant un durcissement des sanctions de l'UE, Catherine Ashton, porte-parole de la diplomatie européenne, a prévenu que d'autres mesures pourraient suivre «au cas où les dirigeants syriens persistent sur la voie actuelle».

Une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE les 2 et 3 septembre

L'UE a déja adopté quatre trains de sanctions à l'encontre de la Syrie et une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE est prévue les 2 et 3 septembre. L'Allemagne, la Grande-Bretagne, la France et la Russie ont appelé ce lundi séparément à la fin des violences. A Paris, le ministère français des Affaires étrangères, a évoqué «une aggravation nouvelle et toujours plus inacceptable de la répression sanglante (...)» dans «un contexte effroyable».

Au micro de la BBC, le secrétaire au Foreign Office, William Hague, a souhaité que la pression internationale contre la Syrie s'intensifie tout en soulignant qu'une intervention militaire n'était «pas envisageable». La Russie a, quant à elle, fait part de ses préoccupations et a appelé à la fin des violences. «L'usage de la force contre les civils et les représentants des structures de l'Etat est inacceptable et doit cesser», a dit le ministère russe des Affaires étrangères.

«Un tel début de ramadan pour les Syriens n'est pas acceptable»

A Berlin, la chancelière Angela Merkel «condamne dans les termes les plus forts l'action du gouvernement syrien contre sa propre population civile», a dit le porte-parole du gouvernement, Christophe Steegmans. La Turquie s'est dite pour sa part «déçue et attristée» par cette nouvelle vague de violence. «Un tel début de ramadan pour les Syriens n'est pas acceptable. Nous condamnons l'attaque», a déclaré le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davitoglu.

Lancé à la mi-mars dans le sillage des soulèvements en Tunisie et en Egypte, le mouvement de contestation en Syrie a fait 1.634 morts, selon un rapport de l'ONG Avaaz, qui avance également le nombre de 2.918 disparus. Il y aurait eu plus de 25.000 personnes arrêtées, dont la moitié serait toujours derrière les barreaux.