Attentats d'Oslo: Selon son avocat, Breivik serait fou

NORVEGE Toutefois, le représentant du suspect des attentats n'a pas dit qu'il plaiderait la folie lors du procès...

M.P. avec Reuters

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Anders Behring Breivik, le principal suspect du massacre d'Oslo, s'est mis en scène dans une vidéo-manifeste postée sur YouTube la veille des faits, le 23 juillet 2011.
Anders Behring Breivik, le principal suspect du massacre d'Oslo, s'est mis en scène dans une vidéo-manifeste postée sur YouTube la veille des faits, le 23 juillet 2011. — AFP PHOTO

Anders Behring Breivik est-il fou? C'est en tout cas l'avis de son avocat, Geir Lippestad, qui a indiqué mardi que selon toute probabilité, son client était frappé de démence. «Toute cette affaire indique qu'il est malade», a-t-il dit à la presse, ajoutant qu’il vit «dans une bulle». L’avocat n’a toutefois pas indiqué clairement qu’il plaiderait la folie lors du procès du suspect n°1 du double attentat d’Oslo.

Par ailleurs, même si Anders Behring Breivik a dit lundi lors de sa comparution devant le tribunal qu’il avait agi en lien «avec deux cellules», la police norvégienne pense qu’il a agi seul. «Nous pensons que l'accusé est très peu crédible quand il affirme cela, mais on n'ose pas totalement écarter l'hypothèse», a déclaré un enquêteur. Les experts voient surtout de la vantardise dans les propos de Breivik, qui dit appartenir à une organisation luttant contre l'islam en Europe et chercherait ainsi à semer la confusion.

La piste anglaise

Dans son propre manifeste de 1.500 pages posté sur internet le jour du carnage, qui a fait huit morts à Oslo et 68 morts sur l'île d'Utoya, le militant d'extrême droite affirmait: «Vieil adage: si vous voulez que les choses soient faites, faites-les vous-mêmes». 

Signe que la police ne croit guère à cette thèse, les contrôles aux frontières imposés après la double attaque du 22 juillet ont été levés lundi. La Norvège n'a pas non plus demandé à d'autres pays de mener des enquêtes et n'a pas relevé son niveau d'alerte au terrorisme. En revanche, Europol travaille sur une piste anglaise, a révélé mardi le Guardian. Dans son manifeste, le Norvégien de 32 ans évoque en effet un certain Richard, qui serait son mentor.    

Un début de polémique

En Norvège, les autorités s’emploient à dégonfler un début de polémique. La police, dont les responsables seront reçus ce mardi par le ministre de la Justice Knut Storberget, se défend d'avoir ignoré d'éventuelles alertes sur la personnalité du tueur. Skynews a indiqué lundi que le Norvégien avait été placé sur une liste des services secrets norvégiens en mars pour avoir acheté des produits chimiques illégaux sur le Web.

Le service de sécurité de la police (PST) a précisé que le nom de Breivik apparaissait une seule fois, sur une liste de 50 à 60 Norvégiens adressée par Interpol, pour avoir versé 120 couronnes (22 dollars) à une entreprise polonaise pour l'achat d'engrais. Le PST n'a pas trouvé cette raison suffisante pour réagir.  «Je crois que même la Stasi allemande n'aurait pas débusqué cette personne», a déclaré la directrice du PST, Janne Kristiansen, à la presse.

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