La Norvège touchée de plein fouet par un double attentat

TERRORISME Une explosion dans le centre d'Oslo et une fusillade sur l'île d'Utoya ont fait une trentaine de morts...

J.C. avec Reuters

— 

Vue de l'immeuble soufflé par une explosion dans le quartier  du gouvernement à Oslo, en Norvège, le 22 juillet 2011. 
Vue de l'immeuble soufflé par une explosion dans le quartier du gouvernement à Oslo, en Norvège, le 22 juillet 2011.  — Hans O. Torgersen / Aftenposten

Une bombe a fait au moins sept morts vendredi après-midi dans le centre d'Oslo, quelques heures à peine avant qu'un homme armé n'ouvre le feu sur une foule qui assistait à un rassemblement politique sur une île proche de la capitale norvégienne. «J'ai vu de mes propres yeux au moins vingt corps gisant dans l'eau», a confié Andre Skeie, contacté par téléphone par Reuters. Il a ajouté s'être rendu dans l'île d'Utoya avec son bateau pour aider les gens à évacuer les lieux.

>> Revivez tous les événements de la journée de samedi en direct par ici

La police s'est refusé à tout commentaire sur le bilan de la fusillade qui s'est produite lors du rassemblement annuel du mouvement de jeunesse du Parti travailliste organisé sur cette île située à une trentaine de kilomètres au nord-ouest d'Oslo. Les enquêteurs pensent que ces deux attaques sont liées et ont conseillé aux habitants de la capitale d'évacuer le centre de la capitale, où des soldats ont pris position en début de soirée.

L'explosion visait le principal bâtiment public abritant les services du gouvernement. Elle a surpris la capitale plongée dans la torpeur en ce vendredi d'été, de nombreux habitants de la ville se trouvant en vacances ou en week-end loin d'Oslo. La déflagration, qui s'est produite vers 15h30 (13h30 GMT), a soufflé de nombreuses fenêtres de l'immeuble de 17 étages qui abrite les bureaux de Jens Stoltenberg, le Premier ministre, ainsi que les façades de ministères situés à proximité, dont le siège du ministère du Pétrole, qui a pris feu.

>> Toutes les images les plus fortes de l'attentat d'Oslo, c'est par là

«Sept personnes ont été tuées et deux sont grièvement blessées», a détaillé Sveinung Sponheim, qui dirige la police d'Oslo, lors d'une conférence de presse. Le Premier ministre est indemne. Dans les heures qui ont suivi, les Norvégiens, sous le choc d'une violence qui leur est pratiquement inconnue, apprenaient qu'un autre événement dramatique était intervenu dans l'île d'Utoeya.

Selon un responsable de la police, l'auteur de la fusillade est un homme de grande taille aux cheveux blonds. D'après des médias norvégiens, il était vêtu d'un uniforme de la police. La fusillade a provoqué une terreur panique parmi la foule qui participait au rassemblement. «Il y a eu beaucoup de coups de feu. Nous nous sommes cachés sous un lit. C'était vraiment terrifiant», a raconté une jeune femme au micro de la télévision britannique Sky. Elle a ajouté que des hélicoptères de la police survolaient les lieux.

La chaîne publique NRK rapporte pour sa part qu'une personne a été arrêtée après la fusillade. La situation est «très grave», a commenté le chef du gouvernement sur l'antenne de TV2, précisant que la police lui avait demandé de ne pas divulguer l'endroit où il se trouvait.

Engagement afghan

«C'est un attentat terroriste. L'événement le plus violent jamais vécu par la Norvège depuis la Seconde Guerre mondiale», s'est horrifié Geir Bekkevold, élu de l'opposition au Parlement. La Norvège, membre de l'Otan, a été plusieurs fois menacée par le passé par des dirigeants d'Al Qaïda pour son implication dans la guerre en Afghanistan, où elle participe à la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf).

Selon David Lea, analyste du cabinet Control Risks, «il n'existe toutefois aucun groupe terroriste norvégien même s'il y a de temps en temps des arrestations de personnes liées à Al Qaïda.» «Ils (les Norvégiens) sont présents en Afghanistan et sont engagés en Libye, mais il est trop tôt pour tirer des conclusions», ajoute-t-il.

Un autre consultant du cabinet AKE, John Drake, juge que l'opération présente des similitudes avec l'attentat terroriste commis en décembre dernier dans le centre-ville de Stockholm. Il y avait alors eu une double explosion, dont celle d'une voiture piégée. «L'attentat de Stockholm avait été revendiqué en représailles de la participation de la Suède aux opérations en Afghanistan», rappelle John Drake. La double attaque de vendredi en Norvège survient par ailleurs un peu plus d'un an après l'arrestation de trois hommes soupçonnés d'être liés à Al Qaïda et de planifier des attentats dans le pays scandinave.