Goran Hadzic a été arrêté par la police serbe

EX-YOUGOSLAVIE C'était le dernier fugitif recherché par le Tribunal pénal international sur la Yougoslavie (TPIY)...

B.D. avec agences

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Goran Hadzic dans un bureau de vote près de Vukovar, en Croatie, le 13 avril 1997.
Goran Hadzic dans un bureau de vote près de Vukovar, en Croatie, le 13 avril 1997. — REUTERS/Stringer

Goran Hadzic, l'un des chefs des Serbes de Croatie durant la Guerre de Croatie, a été arrêté, a annoncé officiellement le président serbe Boris Tadic lors d'une conférence de presse. Il était le dernier fugitif recherché par le Tribunal pénal international sur la Yougoslavie (TPIY), après la capture en mai dernier de Ratko Mladic, l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie.

En fuite depuis huit ans, Goran Hadzic, 52 ans, a été arrêté ce mercredi matin à 8h24 locales dans une forêt à Fruska Gora, une région vallonnée située à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Belgrade. «Par cela, la Serbie clôt le chapitre le plus difficile dans la coopération avec le Tribunal de la Haye», a dit le président Tadic.

Plus tôt, une source gouvernementale avait annoncé que Goran Hadzic avait été arrêté et se trouvait déjà en milieu de matinée à Belgrade. Selon la télévision RTS, Hadzic a été arrêté dans le monastère orthodoxe de Krusedol, mais selon l'agence Beta, l'arrestation a eu lieu dans le village de Krusedol, tout proche du monastère.

14 chefs de crimes de guerre et crimes contre l'humanité

Né en septembre 1958 en Croatie, ancien magasinier, Goran Hadzic a été le président de la République serbe de Krajina autoproclamée, qui représentait un tiers environ du territoire de la Croatie, de septembre 1991 à décembre 1993, pendant le conflit dans cette ancienne république yougoslave, de 1991 à 1995.

Il a été inculpé de 14 chefs de crimes de guerre et crimes contre l'humanité par le TPIY le  13 juillet 2004 pour son implication présumée dans les meurtres de centaines de civils croates et la déportation de dizaines de milliers de Croates et autres non-Serbes par les troupes serbes, notamment en Slavonie orientale, une région de l'est de la Croatie.

Le nom de Goran Hadzic reste lié notamment au massacre de l'hôpital de Vukovar, en novembre 1991, qui avait connu un large retentissement à l'époque. Quelque 250 Croates et autres non-Serbes, qui s'étaient réfugiés dans l'hôpital de cette ville de l'est de la Croatie, avaient été exécutés par les forces serbes après avoir été battus et torturés. Goran Hadzic, qui vivait sans se cacher dans la ville de Novi Sad (nord de la Serbie), s'est enfui dans les semaines qui ont suivi son inculpation, alors qu'il allait être arrêté.

Espoir d'obtention du statut de candidat à l'UE d'ici la fin de l'année

Bien qu'il soit une personnalité de second plan par rapport à Mladic ou à Radovan Karadzic, l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie arrêté à Belgrade en juillet 2008, son arrestation est la dernière que réclamait le TPIY à Belgrade. La Serbie peut désormais se targuer d'avoir arrêté les 44 inculpés que réclamait le TPIY, un point qu'elle ne manquera pas de mettre en avant pour promouvoir ses perspectives européennes. Hadzic ferme également la liste des 161 inculpés que réclamait le TPIY pour leur rôle pendant les guerres qui ont déchiré l'ex-Yougoslavie pendant les années 90.

Belgrade aspire à obtenir le statut de candidat à l'UE d'ici la fin de l'année, ainsi qu'une date pour l'ouverture des négociations d'adhésion. Même si les Vingt-Sept demandent aussi à Belgrade de progresser dans le dialogue engagé en mars avec le Kosovo, ainsi que d'adopter plusieurs textes législatifs, comme celui sur la restitution des biens confisqués après la seconde guerre mondiale par le régime de Tito, la Serbie est désormais en mesure d'être optimiste pour ses ambitions européennes à la fin de l'année.

Effectivement, l'Union européenne s'est félicitée de cette arrestation. Dans un communiqué, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et la porte-parole de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, ont estimé qu'il s'agissait d'une étape importante pour la «perspective européenne» de la Serbie. Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a également salué une arrestation qui «permettra de fermer le chapitre le plus douloureux de l'histoire récente de l'Europe».