Le Niger craint que la Libye tombe aux mains des islamistes

C.P. Avec Reuters

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Le Niger craint que les islamistes ne s'emparent du pouvoir en Libye à la faveur du conflit qui touche ce pays, a déclaré samedi soir le président nigérien.

Refus de prendre position

Mahamadou Issoufou a déclaré à la télévision nationale, à l'occasion du 100e jour de son arrivée à la présidence, ne pas vouloir prendre position dans le conflit libyen, estimant que le seul moyen de débloquer la situation est de trouver un accord politique.

«Le Niger n'a pas intérêt à ce que la crise débouche sur une prise de contrôle des fondamentalistes, voilà ce qui nous inquiète», a dit Mahamadou Issoufou.

Le président nigérien a remporté les élections présidentielles au Niger en mars dernier, marquant un retour des civils aux affaires après un an de pouvoir militaire.

La peur du shéma somalien

«L'intérêt du Niger est que cette crise se résolve d'elle-même, qu'elle ne s'éternise pas et que l'Etat libyen ne prenne pas le même chemin que la Somalie», a-t-il ajouté.

Ce pays de la Corne d'Afrique lutte contre le groupe islamiste Al-Shabaab, lié à Al-Qaïda, qui contrôle plusieurs régions de Somalie.

Plusieurs pays d'Afrique, dont le Sénégal, la Gambie et le Liberia, ont soit pris leurs distances avec le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, soit ouvertement reconnu le Conseil national de transition (CNT) des rebelles comme représentant légitime du peuple libyen.

Mais le Niger devrait rester neutre, a dit Mahamadou Issoufou, alors même qu'il doit faire face à l'afflux de 211.000 migrants nigériens qui ont dâ fuir les combats en Libye. Et que s'élève la crainte de voir les armes distribuées aux rebelles libyens sortir du pays et tomber aux mains de groupes liés à Al-Qaïda, impliqués dans des trafics, des prises d'otage et des affrontements avec les forces militaires de la région.