Afghanistan: Début du transfert de la sécurité de l'Otan aux forces afghanes

Reuters

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La première phase du transfert des responsabilités de l'Otan en matière de sécurité aux forces afghanes s'est ouverte à l'abri des regards ce dimanche en Afghanistan, où l'instabilité demeure malgré la décision de pays membres de l'Alliance atlantique d'en retirer progressivement leurs troupes.

Plusieurs ministres se sont rendus dans la province de Bamiyan (centre), l'une des plus paisibles du pays, pour assister à une cérémonie de passation des pouvoirs qui s'est déroulée à l'abri des caméras et en présence de journalistes triés sur le volet.

Le processus de transition, attendu de longue date par la coalition internationale dix ans après le début de l'intervention militaire, prévoit le transfert des responsabilités de l'Otan en matière de sécurité de l'ensemble du pays aux forces afghanes d'ici 2014.

Les provinces du Panchir et de Bamiyan, relativement sûres, la ville d'Herat dans l'Ouest, certaines zones proches de Kaboul, une partie de la province de Laghman dans l'Est, la ville de Mazar-e-Charif dans le Nord et la ville de Lashkar Gahn dans le Sud, doivent passer sous contrôle afghan pendant le mois de juillet.

Selon des sources proches des services de sécurité, le risque d'attentats de taliban est élevé dans les provinces concernées par cette première phase de transfert, notamment autour de Lashkar Gah, capitale de la province du Helmand, un bastion des taliban dans le Sud.

Silence de Karzaï et de l'Otan

La cérémonie de transmission de pouvoirs entre les soldats néo-zélandais et la police afghane dans la province de Bamiyan a débuté à 09h00 heure locale (04h30 GMT) et devait se poursuvire dans l'après-midi. Le transfert dans les six autres zones, qui sont déjà plus ou moins sous contrôle afghan, devrait avoir lieu d'ici à vendredi prochain.

«Le processus de transition a officiellement commencé à Bamiyan aujourd'hui, c'est le processus national que nous attendions», a indiqué Abdoulrahman Ahmadi, porte-parole du gouverneur de Bamiyan.

«Bamiyan ne fait pas l'objet de menaces en terme de sécurité, le processus se déroulera donc en douceur», a-t-il ajouté.

Le président Hamid Karzaï, qui a soutenu ce transfert, n'a pas assisté à la cérémonie et la Force internationale d'assistance et de sécurité (Isaf) de l'Otan est restée silencieuse.

Un porte-parole du ministère de l'Intérieur a assuré que l'absence du chef de l'Etat n'avait pas pour objectif de minimiser le début du processus, jugé essentiel par Kaboul et l'Occident pour la stabilité à long-terme du pays.

Le transfert de la sécurité survient une semaine après la meurtre du demi-frère d'Hamid Karzaï, Ahmad Wali Karzaï, homme fort et controversé de la province de Kandhahar (sud), dont la mort a créé un vide politique qui pourrait profiter aux taliban.

La France a annoncé fin juin un retrait progressif d'ici 2014 des 4.000 militaires français déployés en Afghanistan dans le sillage des Etats-Unis qui ont annoncé le rapatriement d'un tiers de leurs 100.000 hommes d'ici la fin de l'été 2012.