Syrie: L'armée va mater une ville rebelle

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L'armée s'apprête à pénétrer à Bou Kamal, dans l'est de la Syrie, où la situation est «explosive» à cause des «groupes armés» qui fomentent des troubles dans cette localité frontalière de l'Irak, a affirmé dimanche le quotidien syrien al-Watan, proche du pouvoir.

«La situation sécuritaire à Bou Kamal est explosive, alors que l'armée se prépare à intervenir (...) car les autorités craignent un mouvement de désobéissance armée dans cette ville frontalière où les (insurgés) pourraient facilement obtenir une aide logistique et politique", écrit al-Watan.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, un civil a été tué et plusieurs autres blessés samedi à Bou Kamal quand les forces de sécurité ont ouvert le feu pour disperser un rassemblement contre le régime.

Mais l'agence officielle Sana a parlé «de gangs terroristes armés qui ont pris d'assaut un bâtiment public et saisi les armes qui y étaient déposées». Trois membres des forces de l'ordre ont été tué et deux autres ont été enlevés, a ajouté l'agence.

«Etat de désobéissance civile a duré 13 jours»

Depuis le début de la révolte mi-mars en Syrie, le régime attribue les violences à des groupes armés cherchant à semer le chaos.

En revanche, Al-Watan affirme que «la situation est revenue à la normale» dans la ville rebelle de Hama (nord), théâtre ces dernières semaines de manifestations massives contre le régime du président Bachar al-Assad.

«Les efforts déployés par le nouveau gouverneur de Hama avec les notables ont abouti. L'état de désobéissance civile, qui a duré 13 jours, a pris fin», assure al-Watan.

«Les responsables en coordination avec les habitants ont commencé à lever les barricades érigés dans les rues principales», ajoute le journal.

Barricades et envois de chars

Les habitants de Hama avaient érigé des barricades pour empêcher une opération de l'armée. Au moins 25 civils ont été tués depuis le 5 juillet dans cette ville, où Damas a envoyé ses chars en réaction à des manifestations record qui ont réuni un demi-million de personnes, d'après des ONG.

Samedi, plus de 300 opposants issus d'univers différents ont tenu à Istanbul une «conférence de salut national» au cours de laquelle ils ont dénoncé la répression et les «mensonges» du régime.

Malgré la contestation, un festival de musique est prévu dimanche soir sur la grande place des Omeyyades à Damas pour marquer le 11ème anniversaire de la prestation de serment de Bachar al-Assad le 17 juillet 2000.

Le nouveau président, élu à l'unanimité par le Parlement, succédait ainsi à son père Hafez al-Assad, décédé quelques semaines plus tôt après avoir gouverné le pays d'une main de fer pendant trois décennies.

La Syrie est en proie depuis plus de quatre mois à un mouvement de contestation du régime de Bachar al-Assad, dont la répression a déjà fait plus de 1.400 morts, entraîné l'arrestation de plus de 12.000 personnes et l'exode de milliers d'autres, selon les militants des droits de l'Homme.