Afghanistan: Cinq soldats français tués dans l'est du pays

MONDE Ils sont morts dans un attentat suicide dans la province de Kapisa. Quatre autres soldats français sont grièvement blessés...

B.D. avec Reuters

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Un soldat français du 13e bataillon de chasseurs alpins en patrouille transporte un tapis afghan, Tagab, Afghanistan, le 7 janvier 2010.
Un soldat français du 13e bataillon de chasseurs alpins en patrouille transporte un tapis afghan, Tagab, Afghanistan, le 7 janvier 2010. — J. SAGET / AFP

Cinq soldats français ont été tués ce mercredi et quatre autres grièvement blessés dans un attentat à la bombe dans la province de Kapisa (est de l'Afghanistan), où sont notamment stationnés des militaires français. Ces morts portent à 69 le nombre de soldats français tués en Afghanistan depuis fin 2001. Les talibans ont aussitôt revendiqué l'attentat via un SMS envoyé à l'AFP.

Le colonel Thierry Burkhard, porte-parole de l'état major des Armées, a précisé ce mercredi après-midi les conditions de cet attentat. Un «suicide-bomber» s'est fait exploser ce mercredi vers 11h locales dans un poste de police afghane où se trouvaient des soldats français. Ces derniers participaient à une opération de sécurisation d'une assemblée de notables («shoura») à Joybar, dans la vallée de Tagab.

Un attentat coordonné avec une attaque insurgée

Cette explosion a tué cinq soldats français - un officier, un lieutenant et trois sous-officiers - ainsi que leur interprète afghan et trois autres civils dont une adolescente, a ajouté le colonel Burkhard. Cet attentat était «coordonné avec une attaque insurgée», a-t-il précisé, qui visait les quatre soldats grièvement blessés lors de la première attaque. Des tireurs embusqués «en lisière» ont tiré avec des armes légères et des lance-roquettes.

Cette seconde attaque n'aurait cependant pas alourdi le bilan, selon les informations dont disposait dans l'immédiat le porte-parole de l'Etat major des Armées, et certains des insurgés ont été «neutralisés». Cet «acte de terrorisme plus véritablement que de guerilla» est, selon le colonel Burkhard, «le résultat de la pression mise par l'armée française en vallée de Tagab et dans le secteur de Surobi».

«Un effet médiatique» au lendemain de la visite de Sarkozy

Il a ajouté que ce mode opératoire, l'attentat suicide, était «relativement rare» dans la zone française, le dernier remontant au 30 mars dernier, où un véhicule chargé d'explosifs avait fait plusieurs blessés parmi les soldats français. «N'arrivant plus à prendre l'initiative sur les attaques directes, les insurgés se rabattent de plus en plus sur des types d'actions asymétriques, voire très asymétriques comme l'utilisation d'engins explosifs improvisés le long des routes mais également, on le voit ici, de "suicide bomber"», a-t-il dit.

Le porte-parole a de plus estimé qu' «il y a probablement un effet médiatique» recherché par cette attaque, qui intervient au lendemain de la visite éclair de Nicolas Sarkozy dans la région, et de son annonce du retrait d'un millier de soldats français d'Afghanistan d'ici fin 2012, soit le quart des effectifs militaires déployés par la France dans ce pays. Il a indiqué que les effectifs restant seraient concentrés en Kapisa en attendant le départ de toutes les unités combattantes françaises d'Afghanistan d'ici fin 2014.

Dans un communiqué, «le chef de l'Etat exprime la détermination de la France à continuer d'oeuvrer au sein de la Force internationale d'assistance et de sécurité pour rétablir paix et stabilité dans ce pays.» Ce mercredi après-midi, à l'Assemblée nationale, une minute de silence a été observée après un bref discours du Premier ministre François Fillon en hommage aux soldats tués. Les pertes de ce mercredi sont parmi les plus graves que les troupes françaises ait subi en une fois en Afghanistan.