Dette: Obama exige des concessions des républicains avant une autre réunion

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Barack Obama a affirmé lundi qu'il était toujours favorable à un accord de grande portée avec les républicains sur le relèvement du plafond de la dette, mais a exigé des concessions de ses adversaires pour y parvenir avant la date-butoir du 2 août.

Le président des Etats-Unis, engagé dans d'ardues négociations avec le Congrès, a promis de "parvenir à un accord avant le 2 août", date après laquelle, faute de compromis, la première économie mondiale ne pourra plus emprunter pour financer son déficit selon le Trésor.

Pour éviter une telle éventualité, M. Obama a assuré lors d'une conférence de presse qu'il était prêt à discuter "tous les jours", week-ends compris, avec les responsables de l'opposition républicaine qui contrôle la Chambre des représentants, et ses propres alliés démocrates majoritaires au Sénat.

Il les a d'ailleurs retrouvés à 14H10 (18H10 GMT) à la Maison Blanche pour une nouvelle séance de négociations, a constaté un journaliste de l'AFP. Une précédente rencontre dimanche soir n'a donné aucun résultat concret.

"Je continue de pousser les responsables du Congrès à un accord le plus important possible", a néanmoins assuré M. Obama, en allusion au plan de réduction du déficit de 4.000 milliards sur dix ans dont il s'est fait l'avocat.

La dette atteint actuellement 14.294 milliards de dollars et continue à gonfler au rythme du déficit budgétaire, qui doit s'afficher cette année à 1.600 milliards.

Pour renverser la tendance, M. Obama veut une "approche équilibrée": des coupes dans les dépenses publiques mais aussi la fin des cadeaux fiscaux pour les plus aisés, hérités de l'ère de son prédécesseur républicain George W. Bush.

Les républicains, et en premier lieu le président de la Chambre John Boehner, refusent de laisser expirer ces exemptions d'impôts et estiment que les déficits doivent être réduits uniquement en taillant dans les dépenses.

"Les Américains savent que les hausses d'impôts détruisent des emplois, et la dernière chose que nous devrions faire maintenant, avec un chômage à 9,2%, serait de lancer de nouvelles mesures gouvernementales qui détruiraient des emplois", a répété M. Boehner peu avant de se rendre à la Maison Blanche lundi.

Le chef républicain a par ailleurs déploré que les démocrates "ne soient pas assez sérieux sur une réforme fondamentale des dépenses obligatoires", soit les grands budgets sociaux.

Le président Obama a pourtant averti que toutes les parties devraient accepter des concessions. "Je ne vois pas le chemin vers un accord s'ils (les républicains) n'évoluent pas (...) ils vont avoir à faire des compromis, tout comme les démocrates vont devoir faire des compromis, tout comme je me montre moi-même disposé à des compromis", a-t-il déclaré.

Les termes de l'accord discuté ne sont "pas exactement ce que je voudrais", a insisté M. Obama: "Je voudrais plus de revenus et moins de coupes dans les programmes dont profitent les familles de la classe moyenne (...) je suis prêt à aller dans leur direction pour qu'on arrive à quelque chose".

Tant la Maison Blanche que M. Boehner ont mis en garde contre les conséquences d'un défaut de paiement. Cette perspective inquiète aussi les marchés au moment où les problèmes de dette en Europe, après avoir touché l'Irlande, le Portugal et la Grèce, concernent désormais aussi l'Italie.

Un défaut de paiement à Washington provoquerait "des hausses de taux d'intérêt, des contrecoups énormes sur les Bourses et des conséquences véritablement déplorables, pas simplement pour les Etats-Unis, mais aussi pour l'économie mondiale dans son ensemble", s'est alarmée dimanche la directrice générale du FMI, Christine Lagarde.