Lieberman: La Turquie ne souhaite pas se rapprocher d'Israël

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Les dirigeants turcs ont «fermé la porte» à toute réconciliation avec Israël en réclamant la fin du blocus de la bande de Gaza et des excuses officielles pour l'assaut de la «flottille de la liberté» en mai 2010, a estimé ce dimanche Avigdor Lieberman. Le ministre israélien des Affaires étrangères réagissait aux propos tenus vendredi par le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, qui a jugé «inconcevable» que les relations entre son pays et Israël se normalisent si ces deux conditions ne sont pas satisfaites.

Le gouvernement israélien et Ankara entretiennent des relations fraîches depuis le 31 mai 2010, jour où des commandos de l'armée israélienne ont attaqué une flottille qui souhaitait briser le blocus en vigueur dans l'enclave palestinienne.

«Cette personne ne cherche aucun compromis»

Neuf militants pro-palestiniens turcs sont morts au cours de cette opération. Israël a évoqué l'idée de verser des indemnités de compensation aux familles des victimes mais refuse catégoriquement de s'excuser, considérant que ses fusiliers-marins se trouvaient en état de légitime défense. Dimanche, Avigdor Lieberman n'a pas épargné Recep Tayyip Erdogan.

«Il est évident que cette personne ne cherche aucun compromis, ni la paix, ni la normalisation mais souhaite humilier l'Etat d'Israâl, saper son image à l'échelle internationale et nuire à son statut dans la région», a estimé le ministre des Affaires étrangères dans un entretien accordé à la radio de l'armée israélienne.

«Je suis surpris qu'il n'ait pas aussi réclamé quelque chose à propos de l'âge légal du départ à la retraite des femmes», a poursuivi Avigdor Lieberman sur une pointe d'ironie, en faisant référence à un débat qui agite depuis plusieurs mois la classe politique israélienne.

Un rapport à paraître le 27 juillet

«Il n'a aucune intention de normaliser les relations avec nous. Il a fermé la porte», a-t-il expliqué, ajoutant qu'Israël n'exprimerait jamais plus que «des regrets» à propos de cet incident, et donc, en substance, ne s'excuserait pas. Dans un autre entretien accordé toujours à cette même radio, le secrétaire général du gouvernement israélien, Zvi Hauser, s'est montré moins catégorique quant à l'évolution de la situation diplomatique entre les deux pays. «Il est dans l'intérêt d'Israël d'améliorer ses relations avec la Turquie», a-t-il dit, précisant toutefois que ceci devrait se faire en accord avec les exigences de sécurité de l'Etat juif.

Le conseiller du Premier ministre Benjamin Netanyahu a par ailleurs expliqué que le dialogue n'était pas rompu avec Ankara, que les discussions se poursuivaient et qu'il espérait qu'une «formule» qui satisfasse toutes les parties puisse être trouvée.  Israël présente le blocus de Gaza comme une mesure destinée à empêcher des livraisons d'armes aux islamistes du Hamas, qui contrôlent l'étroite bande de terre. Les militants pro-palestiniens dénoncent pour leur part une mesure aggravant les conditions de vie des habitants de la bande de Gaza.

Un responsable israélien a déclaré jeudi à Reuters que les Nations unies devaient publier le 27 juillet un rapport sur les événements du 31 mai 2010, après avoir accordé un délai supplémentaire à la Turquie et à Israël pour tenter de parvenir à un accord sur les termes du document.