En Biélorussie, l'opposition défie le pouvoir

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Le KGB biélorusse avait promis, jeudi, la peine de mort à quiconque oserait manifester contre le pouvoir. Cela n'a pas empêché 10 000 à 15 000 personnes de braver l'interdit et de se rassembler, hier soir sous une tempête neige, sur la place d'Octobre au coeur de Minsk, la capitale, pour dénoncer les fraudes des autorités lors de l'élection présidentielle biélorusse. Le scrutin s'est déroulé hier avec un résultat connu d'avance : la réélection pour cinq ans du président sortant Alexandre Loukachenko, avec 81,1 % des voix.

Les manifestants, jeunes et vieux, hommes et femmes, arboraient l'ancien drapeau rouge et blanc du pays et des écharpes bleu jean, couleur du leader de l'opposition, Alexandre Milinkievitch, et symbole de liberté dans la dernière dictature d'Europe. Ils hurlaient « mensonge ! mensonge ! » à l'écran géant installé sur la place, qui diffusait la télévision officielle. Aucun policier n'était visible sur la place. Certains manifestants affirmaient cependant que des cars remplis de forces de l'ordre étaient stationnés dans toutes les rues voisines.

Après les révolutions géorgiennes et ukrainiennes qui ont chassé les ex-dirigeants soviétiques, le pouvoir biélorusse craint de voir le scénario se répéter chez lui. Du coup, les arrestations d'opposants se multiplient et Loukachenko, au pouvoir depuis 12 ans, a promis de « briser le cou » à ses détracteurs. Ce qui n'a pas empêché l'opposition de demander, hier soir, l'annulation du scrutin.

Clémence Lemaistre (Avec AFP)

« Nous espérons qu'il n'y aura pas de violence », a déclaré samedi à Moscou, José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne.