L'opposition turkmène invitée à participer à la présidentielle

Reuters

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Le président turkmène Kourbangouli Berdimoukhamedov a promis vendredi une élection présidentielle juste et a invité l'opposition en exil à participer au scrutin de février 2012. Le Turkménistan, premier pays producteur de gaz d'Asie centrale et quatrième au niveau mondial, tente d'améliorer ses relations diplomatiques avec l'Occident afin de diversifier ses exportations de gaz encore fortement dépendantes de la Russie.

Berdimoukhamedov, qui est âgé de 54 ans, est arrivé au pouvoir en février 2007 après la mort soudaine de son prédécesseur, Saparmourat Niazov, qui a régné sans partage sur le pays de 5,4 millions d'habitants pendant plus de vingt ans. Lors de son premier mandat, le chef de l'Etat turkmène a mis en place des réformes économiques longtemps retardées et a entamé une libéralisation de l'économie mais à l'approche de l'élection présidentielle de février prochain, le pays demeure l'un des Etats les plus répressifs et reclus au monde.

Le président garantit à l'opposition «des conditions et des perspectives égales»

«Nous sommes prêts à discuter avec des groupes qui se positionnent comme faisant partie de l'opposition», a déclaré le chef de l'Etat, qui fait figure de favori pour le scrutin, lors d'un discours au gouvernement publié par la presse officielle ce samedi. «Si l'un de leurs représentants souhaite participer à l'élection présidentielle, il peut venir en toute sécurité au Turkménistan, je leur garantis des conditions et des perspectives égales.»

Berdimoukhamedov a partiellement rompu l'isolement instauré par son prédécesseur qui avait mis en place un culte délirant de sa personnalité, se faisant notamment appeler «le père de tous les Turkmènes». Mais il détient toujours les pouvoirs illimités dans cet ancien Etat soviétique où aucune critique n'est tolérée. L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) considère que les élections de 2007 qui l'ont porté au pouvoir n'ont été ni justes ni libres.

«La prochaine élection présidentielle doit se tenir dans des conditions d'ouverture et cela doit fournir une nouvelle preuve de la maturité de notre démocratie», a déclaré le président turkmène. Dirigeant le seul parti politique du pays, il s'est dit ouvert à la création de partis d'opposition mais a mis en garde lors de son discours de vendredi contre une «multiplication injustifiée de partis».