Alain Juppé juge «inacceptable» que le conseil de sécurité de l'ONU ne puisse condamner la répression en Syrie

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Le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a jugé ce jeudi «inacceptable» que le Conseil de sécurité de l'ONU ne puisse condamner la répression en Syrie du fait de l'opposition de la Russie et a qualifié de «nulles» les chances que Bachar al-Assad réforme le régime.

«Il nous paraît inacceptable que le Conseil de sécurité ne se prononce pas sur une situation qui non seulement est en contradiction avec les valeurs des Nations Unies mais porte également atteinte à la sécurité mondiale», a déclaré Alain Juppé lors d'une conférence de presse.

Le soutien de l'Inde, du Brésil et de l'Afrique du Sud recherché

Quatre pays européens (Grande-Bretagne, France, Allemagne, Portugal) ont déposé depuis plusieurs semaines un projet de résolution assimilant la répression en Syrie à un crime contre l'humanité.

Mais la Russie, qui bénéficie d'un droit de veto, «reste opposée à l'adoption d'une résolution», a rappelé Alain Juppé. «Nous continuons à travailler pour réunir une majorité aussi large que possible (au Conseil) et mettre aux voix ce projet de résolution», a-t-il assuré.

Pour isoler Moscou et Pékin, les Occidentaux cherchent à obtenir le soutien de l'Inde, le Brésil et l'Afrique du Sud qui siègent parmi les dix membres non-permanents du Conseil, mais qui restent eux aussi très réticents à une résolution contre la Syrie.

La «crédibilité» d'Assad «disparait»

Alain Juppé a aussi jugé «extrêmement faible, pour ne dire nulle» la capacité du régime de Bachar al-Assad à se réformer. «Quand on se comporte comme il se comporte, et l'escalade de la violence ne cesse pas, la crédibilité disparaît», a-t-il estimé.

Les autorités syriennes tentaient jeudi de soumettre Hama, ville traditionnellement rebelle du nord de la Syrie, actuellement encerclée par l'armée et où 23 civils ont été tués depuis mardi par les forces de sécurité.