Thaïlande: Les «chemises rouges» continuent de demander justice

Avec Reuters

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La présidente des «chemises rouges» thaïlandaises a prévenu jeudi que son mouvement pourrait retirer son soutien au Premier ministre élu Yingluck Shinawatra en cas d'accord dédouanant l'armée de ses responsabilités pour la mort de 91 manifestants au printemps 2010.

Les «chemises rouges», qui ont paralysé Bangkok pendant plusieurs semaines avant l'intervention des militaires, réclament une enquête approfondie sur le rôle de l'armée, a souligné Thida Thaworseth, qui préside le Front uni pour la démocratie contre la dictature, nom officiel du mouvement.

Même si elle devrait contrôler 60% du parlement après sa victoire aux élections législatives de dimanche dernier, Yingluck Shinawatra, soeur de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, doit éviter de se mettre à dos l'état-major militaire et l'élite royaliste, qui restent puissants et ont déposé son frère en 2006. Les «chemises rouges» redoutent un accord d'amnistie qui bénéficierait à Thaksin Shinawatra et lui permettrait de rentrer d'exil en échange de l'absence de poursuites contre l'armée.

Yingluck Shinawatra a promis que la commission de vérité et réconciliation mise en place pour enquêter sur les événements d'avril-mai 2010, qui ont fait en outre 2.000 blessés, poursuivrait son travail. Elle a laissé entendre qu'une amnistie générale pourrait faciliter une réconciliation nationale.