DSK: Le procureur Cyrus Vance restera en charge du dossier

JUSTICE Les avocats de la plaignante avaient demandé un nouveau procureur...

C. F. avec Reuters

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Cyrus Vance Junior, avocat général du comté de New York (le 1er mars 2011)
Cyrus Vance Junior, avocat général du comté de New York (le 1er mars 2011) — REUTERS/Mike Segar

Les services du procureur de Manhattan ont indiqué mercredi que les demandes de récusation présentées par les avocats de l'accusatrice de Dominique Strauss-Kahn et de désignation d'un procureur spécial sont «totalement sans fondement».

Les avocats de la femme de chambre qui accuse DSK d'agression sexuelle ont demandé dans la journée que le procureur, Cyrus Vance Jr, se dessaisisse du dossier et soit remplacé par un procureur spécial.

Fuites dans la presse

Dans une lettre adressée à Vance Jr, les avocats accusent les services du procureur d'avoir laissé filtrer des informations préjudiciables à leur cliente. «M. le procureur Vance, nous demandons formellement que votre bureau se dessaisisse volontairement de l'affaire Strauss-Kahn et que vous nommiez un procureur spécial», écrit Kenneth Thompson, avocat de la femme de chambre qui accuse l'ancien directeur général du FMI de tentative de viol.

Il reproche notamment au procureur de ne pas lui avoir remis un enregistrement d'une conversation téléphonique de sa cliente avec son petit ami détenu dans une prison de l'Arizona et d'avoir fait part de cet élément au New York Times.

«Une requête stupide»

Reuters a obtenu une copie de la lettre adressée mercredi au «district attorney» après une réunion de deux heures entre les services du procureur et les avocats de DSK. «Nous sommes en profond désaccord avec la manière dont le bureau et le travail des procureurs ont été présentés. Toute suggestion selon laquelle le bureau devrait être récusé est totalement sans fondement», a dit Erin Duggan, porte-parole du bureau du procureur de Manhattan dans un communiqué.

Selon les experts en procédure judiciaire, une telle demande a très peu de chance d'aboutir. «C'est une requête stupide», estime Daniel Richman, professeur de droit à Columbia, pour qui la demande Thompson a plus à voir avec une opération de relations publiques qu'avec une requête légitime. Les dessaisissements constituent des cas rares qui n'interviennent qu'à l'occasion de conflits d'intérêts personnels impliquant des membres du bureau du procureur.

L'enquête continue

Bien qu'aucun détail de la réunion n'ait filtré entre les avocats de DSK et les procureurs, le New York Times rapporte que les deux parties ont discuté d'un abandon pur et simple des charges pesant contre Strauss-Kahn ou d'un accord de conciliation. Le procureur a tout cas indiqué que l'enquête se poursuivait.

Le dossier de l'accusation avait été mis à mal la semaine passée lorsque le bureau du procureur avait découvert que l'accusatrice, originaire de Guinée, avait menti concernant les circonstances de sa demande d'asile aux Etats-Unis et qu'elle avait modifié sa version des faits après avoir rencontré DSK dans sa chambre de l'hôtel Sofitel de New York.

Thompson a reconnu que sa cliente avais commis des erreurs par le passé mais il soutient qu'elle a été agressée sexuellement par l'ancien patron du FMI et que des preuves existent pour confirmer cette version des faits.