L'affaire DSK n'écorne pas l'image que les Américains ont des Français

TEMOIGNAGES Mais certains craignent que la façon dont l'ex-directeur du FMI a été traité par la justice américaine amène davantage d'antiaméricanisme en France...

Bérénice Dubuc

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Dominique Strauss-Kahn devant sa maison de New York le 2 juillet 2011, tout juste après sa libération sur parole.
Dominique Strauss-Kahn devant sa maison de New York le 2 juillet 2011, tout juste après sa libération sur parole. — DAVID KARP/AP/SIPA

De notre envoyée spéciale à New York

Une affaire hyper-médiatisée et des unes parfois outrancières. L’affaire Dominique Strauss-Kahn et la façon dont les médias américains l’ont traitée a-t-elle eu un impact sur le regard que portent les Américains sur les Français? 20Minutes leur a posé la question.

«C’est un politicien comme les autres»

Heidi, 49 ans, maquilleuse pour le cinéma et la télévision, affirme que ses sentiments à l’égard des Français n’ont pas changé. «J’apprécie toujours autant de rencontrer des gens qui viennent d’un autre pays, qui ont une autre culture. Les Français y compris. Je ne ferai pas d’exception à cause de cette affaire qui, à mon avis, a été montée de toutes pièces», assène-t-elle.

Arthur, 52 ans, président d’une compagnie d’importation de denrées alimentaires n’est pas surpris par cette affaire. Parce qu’il connait les Français et la réputation de séducteurs dont les affublent généralement les Américains? «Non, parce que c’est tout simplement un politicien comme les autres!»

Selon lui, «cette affaire va seulement conforter les Américains dans leur idée que les politiciens, d’où qu’ils viennent, pensent qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent». Chandra, une serveuse de 21 ans, est du même avis: «Il s’est comporté ainsi parce que c’est un homme politique, pas parce qu’il est Français.»

«Si un Américain tue quelqu’un, ça ne veut pas dire que tous les Américains sont des tueurs»

Eric, 55 ans, qui vend des souvenirs du côté de Wall Street, va plus loin: «Je n’ai rien contre les Français. On ne peut pas généraliser à toute une culture, à tout un pays, à tout un peuple, ce que fait une personne. Si un Américain tue quelqu’un, ça ne veut pas dire que tous les Américains sont des tueurs.»

Et, effectivement, dire aux New-Yorkais qu’on est Français amène plutôt leur bienveillance que leur hostilité. Cependant, comme le souligne Heidi, «New York, ce n’est pas les Etats-Unis. Il est très possible que dans les petites villes le sentiment anti-français se soit développé après toute cette affaire».

Crainte de l’antiaméricanisme en France

En revanche, ce que craignent certains New-Yorkais, dont Heidi, c’est que, de l’autre côté de l’Atlantique, l’antiaméricanisme augmente après cette affaire. «Les Français ne doivent pas penser que les Américains leur sont hostiles. C’est le système judiciaire, le fonctionnement des médias et des politiciens qui sont en cause, alors qu'ils ne reflètent pas toujours ce que désire le peuple américain.»

Mais la crainte d’Heidi n’est pas fondée, selon Arthur: «Nous avons une histoire si forte, ce n’est pas ça qui va détendre les liens entre les Etats-Unis et la France.»